@ davideduardo :
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Je réponds ici à l’ensemble de vos interventions...
Il me semble que vous analysez les choses par un biais contemporain, et vous passez donc à côté de l’essentiel, si je puis me permettre. Vous raisonnez en individualiste démocrate convaincu, et il n’est pas certain que le schéma de pensée du Grec du Ve siècle corresponde à cela, tout "démocrate" qu’il ait pu être au moment de la condamnation de Socrate.
De fait, votre exemple est très bien trouvé, mais je vais vous dire en quoi il renforce ce que j’ai dit plus haut.
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La démocratie a condamné Socrate qui ne reste pas dans l’histoire pour avoir été l’un de ses chantres. En revanche, Socrate reste l’incarnation de l’éthique, qu’il a d’ailleurs "fondée", si je puis dire. Et les Socrate sont rares, très rares ; lui-même le savait et c’est la raison pour laquelle il a accepté sa condamnation à mort sans broncher, "stoïquement". Il s’est sacrifié pour ne pas provoquer la stasis, mal absolu, dans la cité. C’est la morale nivelante qui a condamné l’éthique par un impératif d’uniformité et de conformisme. Socrate était une tête qui dépassait, comme Protagoras ou Anaxagore à la même époque (environ).
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Pour ma part - et j’aurais bien du mal à vous prouver scientifiquement que j’ai raison sur ce point - je crois en la vertu de l’homme générique, je crois qu’il est possible de se conformer au bien sans devoir se référer à ce que ferait une majorité d’individus dans le même cas. C’est alors un échange entre soi et la droite raison, l’orthos logos, que l’on décide ou non de respecter. Je pense que Socrate était de ceux-là, lui qui reste un modèle de sagesse, c’est-à-dire un esprit aristocratique sans pour autant tomber dans les travers du dogmatisme.
Tout en étant désabusé (au premier sens du terme, attention) quant à l’esprit grégaire de notre espèce, je demeure donc résolument confiant dans l’être générique, l’être humain édifiant dont Socrate demeure, à mes yeux, le meilleur exemple.
Un philosophe, un vrai, est un être qui vit la philosophie, qui ne s’en tient pas à des paroles, qui met celles-ci en conformité avec des actes. Socrate était de ce genre d’êtres, et j’ai rarement entendu quelqu’un dire le contraire. Seulement des Socrate, l’humanité en produit bien peu, et ça, notre époque doit l’assumer, ça lui permettra de comprendre pourquoi, en l’état actuel des choses, elle s’aliène l’éthique et se condamne aux cours de morale à l’école...
Notre époque n’a aucune chance de donner la parole à des Socrate, aucune. Les Socrate sont inaudibles à notre époque. Et je vous garantis bien qu’en l’espèce, je n’idéalise rien.
Nous, on a BHL et Onfray. 