Pour information :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Argument_ontologique
Réfutation de l’argumentation ontologique :
Réfutation par Kant
Voir aussi la réfutation de l’argument ontologique dans la Critique de la raison pure.
Cette preuve ne date pas d’hier et ne peut être balayée du revers de la main. Kant
lui opposera non pas une seule, mais toute une série de réfutations. Il
débute en retraçant jusqu’à la genèse cette preuve ontologique,
s’interrogeant sur la manière dont notre esprit en est venu à l’idée
d’un être absolument nécessaire. Kant remarque en effet que jamais
personne ne s’est posé cette question, prenant cela pour acquis :
« […] ce concept qui avait été risqué à tout hasard et qui est
finalement devenu tout à fait courant, on a cru l’expliquer, de
surcroît, en recourant à une foule d’exemples, en sorte que toute
interrogation ultérieure sur sa compréhensibilité parut totalement
inutile. » (p. 530)
Kant enchaîne avec un exemple tiré de la géométrie. Lorsque l’on
travaille sur un triangle, on débute toujours par se donner un triangle,
et on peut ensuite calculer ses angles, ses côtés, etc. Si je prends un
triangle donné, je ne peux pas affirmer qu’il n’a pas d’angles,
puisqu’en me donnant un triangle, j’ai établi qu’il avait trois angles.
Bref, si je prends comme postulat que ce triangle existe, je ne peux pas
ensuite le détruire ou lui retirer une de ses propriétés constituantes.
Si, toutefois, je veux « supprimer le triangle en même temps que ses
trois angles, ce n’est pas une contradiction. » (p. 531)
Hélas, les humains étant paresseux, on devient las de dire « Pour un
triangle donné, la somme des angles… » ou bien « Pour un triangle donné,
la somme des deux côtés les plus courts… » et on en vient à s’imaginer
que ce triangle existe comme idée en soi. On s’imagine alors que le fait
de donner des propriétés à un triangle est une synthèse, que cela
engendre des nouveaux concepts, alors qu’en réalité nous ne faisons que
constater, de manière analytique, des réalités que nous avons posées par
le simple fait d’évoquer ce triangle. « Être n’est pas un postulat réel. »
Il en va de même pour l’argument ontologique. Si j’affirme que « Dieu
est omnipotent », c’est là un jugement synthétique. J’ai en effet pris
le concept Dieu et l’ai combiné avec le concept de toute-puissance. Mais
dire que « Dieu existe » est une proposition analytique puisque je peux
tirer le concept d’existence par la simple analyse du terme Dieu. En
d’autres termes, « Dieu existe » est une tautologie. Si je prends Dieu
comme postulat de départ, il me sera ensuite impossible de lui enlever
une de ses propriétés constituantes. Je ne peux poser un concept de
Dieu, comme je le faisais avec le « triangle donné » et ensuite dire de
Dieu qu’il n’a pas sa propriété d’existence ou de perfection, pas plus
que je pouvais dire du triangle qu’il n’avait pas d’angles. Mais si je
supprime l’idée de Dieu, je supprime en même temps toutes ses
propriétés ! Par conséquent, son existence, sa perfection et sa
toute-puissance disparaissent.
Descartes a donc raison quand il affirme qu’il ne peut concevoir Dieu
sans existence, si l’on prend l’existence comme un attribut « ajouté »
de Dieu. Si j’attribue l’existence à un objet, il est en effet absurde
d’aussitôt dire que cet objet n’existe pas. Mais si l’on admet que
l’existence de Dieu découle du concept même de Dieu, par l’analyse,
alors il est possible de nier Dieu et de supprimer en même temps toutes
ses propriétés, dont l’existence. C’est là que Descartes se trompe : il
confond l’existence logique d’un concept avec son existence concrète. On
ne peut attribuer l’existence à quoi que ce soit. Si cela était
possible, nous dit Kant, alors il faudrait synthétiser un nouveau
concept à partir de la chose de départ et de l’idée d’existence, et
ensuite ajouter l’existence à ce nouveau concept, ce qui aurait pour
effet d’en créer un nouveau, et ainsi de suite, ad infinitum. Dès que je
pense une chose, il importe donc que je suppose qu’elle existe, du
moins dans mon esprit. Mais ce n’est aucunement une garantie que cette
chose existe réellement. Ce que Descartes a pris pour une preuve de
l’existence de Dieu n’est alors que le résultat d’une erreur sur
l’ontologie et une ignorance des mécanismes de synthèse et d’analyse
employés par notre raison.
Pas besoin d’être un croyant pour passer pour un crétin, Von Jawa et JR en font la démonstration.
Finalement le rabbin B et ses faux diplômes, est plus philosophe...