@manu_Boom
"La "démocratie" serait la cause de la ploutocratie ? La démocratie étant le pouvoir du peuple comment peut-elle tendre vers le pouvoir du plus riche ?
Si tu connais Etienne Chouard et surtout la Grèce Antique, tu dois savoir que la démocratie a pour base la démocratie directe, donc NON REPRESENTATIVE, et qu’elle se concrétise par le tirage au sort. "---> Ah ! Manquait plus qu’ Etienne Chouard à l’appel

Je confirme, la démocratie telle que l’entendaient les Anciens et telle que la souhaite Chouard consiste en un tirage au sort ! Et c’est très bien que tu évoques ce sujet, car je pense que procéder par tirage au sort serait une monstrueuse connerie ! C’est une vision purement ’égalitariste’ qui consiste à dire que n’importe qui peut gouverner ! Penses-tu sérieusement que ’tout le monde vaut tout le monde’ ? Je répète qu’ Aristote était critique d’un tel système mais surtout Platon, qui lui, de tous les régimes politiques, préférait l’aristocratie au sens où ce sont les ’meilleurs’ (les plus capables, les plus vertueux...) qui doivent diriger et non pas dans le sens péjoratif moderne qui considère l’aristocratie comme le gouvernement d’une caste de privilégiés...
En ce qui me concerne, je suis favorable à un régime qui ferait la synthèse entre une réelle démocratie, permettant au peuple de choisir ses représentants mais de telle manière à ce que ce choix puisse se faire parmi les meilleurs de ces représentants. (Et vu la bande de brèles qui nous dirige depuis 40 ans, ça ne pourrait qu’aller dans le bon sens). Après comment mettre en place concrètement un tel système ? Je ne sais pas mais je suis persuadé que l’esprit de la 5è République telle que l’entendait De Gaulle se voulait ainsi : une république de type ’monarchique’ avec un ’roi’ non plus oint par Dieu mais par le peuple. Un vrai chef, un vrai leader capable de diriger un pays avec l’assentiment de son peuple ! Mais je sais bien : tu vas me répondre que l’esprit de la 5è République a disparu en même temps que son fondateur...
"cependant tu consens à la présence de députés devenus professionels de la politique et représentants de syndicats d’intérêt. D’ailleurs Vanneste l’a très bien dit, ils ne sont plus là que pour suivre la tendance, les sondages, dans l’unique but de garder leur statut de fonctionnaire hyper privilégié, sans afficher aucune conviction propre."
---> Tu réponds toi-même à ta propre question : Vanneste a effectivement tout dit ! On a à faire à des professionnels de la politique qui ne pensent plus qu’à une seule chose : les sondages ! Nous sommes parfaitement d’accord là-dessus
"En tout cas, sâche que ta position est vraiment ultra-minoritaire en France"
---> Comme évoqué plus haut, l’idéal pour moi serait qu’on retrouve l’esprit de la 5è avec un vrai leader qui gouvernerait par référendum ! Mais pour cela, il faudrait qu’on puisse faire émerger de vraies pointures et c’est la raison pour laquelle je souhaiterais qu’on réfléchisse à un système tel que le décris plus haut. Pas simple mais cela vaut le coup de s’y pencher d’après moi !
Quant à savoir si ma position est minoritaire, c’est très possible et cela te démontre donc que je ne fais pas partie du politiquement correct que tu me prêtes

"Après il me semble que le Général était plutôt royaliste... Est-ce la ton option ???"
---> Comme évoqué plus haut, il était effectivement royaliste dans l’esprit mais avec un "roi" désigné par le peuple et non par la ’Providence’
"D’accord, seulement, je me répète, cela n’est-il pas contraire au libéralisme ? Je veux bien que tu te dises libéral-conservateur, mais le jour où tu accepteras la PMA ou la GPA, tu ne pourras plus te targuer d’être conservateur, de la même manière que tu ne pourras plus te dire libéral si tu enfreins la sacro-sainte liberté d’entreprendre"
---> Tes remarques sont tout à fait légitimes mais penses-tu qu’une Thatcher, par exemple aurait accepté la PMA ou la GPA ? Tiens puisque tu évoques Jean Robin, penses-tu qu’un libéral comme lui accepte l’une de ces 2 options ou encore l’avortement en chaîne tel qu’on le pratique aujourd’hui ? Encore une fois, "libéral-conservateur" se veut une synthèse équilibrée entre les libertés individuelles (et donc effectivement la liberté d’entreprendre) et le ’Bien Commun’. Je ne dis pas que c’est simple mais je dis que c’est la moins mauvaise des options. Encore une fois, je considère qu’il faut être avant tout pragmatique ! Un vrai libéral défend la liberté mais aussi la notion de "responsabilité" qui va avec !
Pour ma part, je souhaite qu’on vive dans une société qui renoue avec ses valeurs fondamentales et qui, ensuite, laisse à chacun la liberté de suivre lesdites valeurs...Ou pas !
Je fais le pari qu’une société fidèle à ses valeurs se constitue en grande majorité d’individus qui, en pleine conscience, choisissent librement de suivre ses valeurs toute leur vie. Tu veux un exemple concret ? Si la France était restée fidèle à ses principes de laïcité et d’assimilation, on n’aurait pas besoin de lois pour interdire la burqua : on n’aurait tout simplement pas été confronté à ce problème ! Un peuple fier de ses racines ne peut être qu’aimé et respecté par les nouveaux-arrivants !
"Mais si le libéralisme permet quand même à l’État de réguler le marché, alors qui n’est pas libéral aujourd’hui ?"
---> D’une part, le libéralisme ne concerne pas QUE l’économie mais il concerne toutes les libertés individuelles ! Exemple : la liberté d’expression ! Tu seras d’accord avec moi, j’imagine, pour dire qu’il y a des progrès à faire en France dans ce domaine. Par ailleurs, si tu me dis que la France est libérale avec un taux de dépenses publiques = 57% du PIB et l’impossibilité (ou la très grande difficulté) pour quelqu’un de créer sa propre boîte, c’est qu’on n’a pas franchement la même notion du libéralisme...Tiens pour en revenir à De Gaulle, sais-tu ce qu’il pensait de la fonction publique ?
"“Il y a toutes sortes de corps d’inspection, dont je me demande bien ce qu’ils inspectent. Si on faisait le recencement de tous les fonctionnaires, service par service, je suis persuadé qu’on en trouverait beaucoup dont personne ne pourrait dire à quoi ils servent. Il y a dans la fonction publique trop d’avantages, trop d’honneurs, trop d’effectifs.” Charles de Gaulle, cité par Alain Peyrefitte, dans “C’était De Gaulle – vol.2 ?, p. 218-219, livre de poche, éditions de Fallois / Fayard, 1994"
---> Pas franchement antilibérale comme phrase 