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Commentaire de Pabo

sur Une histoire de censure, épisode 21


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Pabo 21 août 2013 11:59

"c’est de tenter de répondre à ma question : quels sont les liens qui existent entre censure des organisations bien-pensantes et réussite ou non d’une carrière dans le monde merveilleux du show-business français ?"

Bon, je ne sais pas si tu ne touches plus les pieds par terre avec un égo aussi démesuré qu’il te donne des ailes et des oeillères pour ne pas arriver à répondre par toi même à la question. Je ne sais pas, tu les revois tes spectacles ? Je me suis tapé deux heures pour essayer d’être objective et donner plus de substance à mes arguments que par exemple : ton art est à chier Vaquette. On comprend ce que tu essaies de faire mais la sauce ne prend malheureusement pas. Manque de talent sans doute. De profondeur aussi, des sujets creux, qui n’intéressent que deux ou trois punks, quelques artistes spirituels autodidactes qui vivent uniquement dans leur monde underground profond qui doit le rester car si il attirait plus de 100 personnes, il deviendrait déjà commercial, institutionnel, un bon art pour les pour beaufs et une dizaine de spectateurs capables de voir de l’art sublime dans la forme picturale d’une crotte de chien.
Il y a aussi le phénomène du beaucoup d’appelés peu d’élus, comme on dit, qui prévaut plus qu’ailleurs, dans le domaine du showbusiness, qui fait que la majorité des artistes aussi géniaux soient ils, ne connaîtront jamais la joie de se faire bronzer par les spotlights des médias de masse ou par ceux des salles prestigieuses qui ne sont réservées qu’aux labellisés "Vu à la télé". Money is money and you are not bankable mister Vaquette. En plus les gens qui peuvent se payer le luxe, par vanité, orgueil ou pauvreté relationnelle, de ne faire de concession avec personne, se retrouvent en général plutôt seuls et par conséquent sans moyen promotionnel.
Ce sont ces faits là, entre autres, qui font que tu ne seras jamais qu’un artiste underground, malgré tes médailles de ta jeunesse passée, comme il en existe des milliers, qui continueront à se plaindre que même après plus de 20 ans de carrière, aucun producteur genre Lederman ne soit venu les chercher dans le sordide décors des squats et autres cabarets miteux pour les propulser au sommet d’une affiche afin que les lettres de leurs noms brillent intensément et de façon éphémère jusqu’au moment où, par leur succès grandissant, et si la subversion les accompagne, les chiens de garde décident de mettre fin à une carrière un peu trop prometteuse et devenant dangereuse pour la pensée unique, qu’ils doivent à tout prix préserver. La censure s’abbatra alors comme un couperet au profit des artistes qui vivent dans l’ombre du patron tout en leur faisant comprendre au passage, que subversif un peu c’est bien, diseur de vérités qui fâchent, pas bien. C’est ainsi qu’après avoir abattu Dieudonné, on se met à promouvoir le Comte de Bouderbala sur toutes les chaînes, par exemple. Grâce à la magie d’internet, qui met en lumière les conneries et magouilles télévisuelles, on peut apprendre que dans le milieu des comiques, on murmure doucement que Dieudo c’est le trompa après l’avoir renié chez Arthur et devant des millions de téléspectateurs lobotomisés. C’est la censure, la vraie, l’ignoble qui permet ce genre de situation, mais pour être censuré il faut encore pouvoir le mériter, devenir suffisamment célèbre et toucher un maximum de gens, pour que cette médaille du mérite s’accroche à votre veste et vous bombarde chef de file des dissidents alors qu’hier encore vous n’étiez que le nègre de maison du système.  


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