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Commentaire de Gollum

sur Foi et raison : l'éternel paradoxe des chrétiens


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Gollum Gollum 21 novembre 2013 15:55

Ni en français, ni en latin, ni en grec, le mot foi ou ses équivalents ne se réduisent à un synonyme de croyance, mais signifient aussi : fidélité, loyauté, droiture.
 
J’entends bien mais le problème est que la plupart des gens quand on leur parle de foi ramène cela à la croyance, preuve s’il en est que ce concept est très mal compris et que subissant la loi du grand nombre il devient galvaudé.


La foi selon le Christ est agissante, capable de miracle. Elle a un aspect thaumaturgique. Cela fait même penser à ces visualisations de type sophrologique que font les sportifs avant une épreuve afin de remporter celle-ci... 


Jésus : "Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez reçu, et vous le verrez s’accomplir". On voit bien ici que la confiance dans l’accomplissement a quelque chose de l’ordre du placebo. Cette confiance semble même plus importante que la demande à Dieu directement. Il est frappant d’ailleurs que le Christ dit à un moment : Ta foi t’a sauvé et non pas Dieu t’a sauvé (suite à ta prière, demande, etc..) comme si l’homme lui-même était capable de thaumaturgie mais qu’il n’en ait pas conscience.


Donc ça me semblerait aussi logique que Dieu soit sensible à la fidélité, à la loyauté des hommes. Pas toi ?

Si l’homme lui est infidèle et se comporte comme son adversaire, cet homme ne serait-il pas comme Satan à ses yeux ? Dieu sauvera-t-il alors cet homme ?
 
Là j’ai envie de citer Simone Weil : Joie en Dieu. Il y a réellement joie parfaite et infinie en Dieu. Ma participation ne peut rien ajouter, ma non-participation rien ôter à la réalité de cette joie parfaite et infinie. Dès lors quelle importance que je doive y avoir part ou non ? Une importance nulle.


Phrase qui veut bien dire ce que cela veut dire que l’on ne doit pas accorder d’importance à notre damnation éventuelle, ce qui entre tout à fait dans le dire de Jésus : celui qui veut sauver sa vie la perdra (et inversement). Bref, une attitude de total abandon est la seule qui vaille.

On peut là aussi citer Jean Eckhart (XIIIème-XIVème siècle) : Si Dieu veut que j’aille en enfer je ne voudrai absolument pas le contraire (citation de mémoire). De même, Thérèse D’Avila :  Si Dieu veut que j’aille en Enfer, ma joie sera d’y aller. Mais j’y porterai donc mon amour et peut-être abolirai-je l’Enfer.


Que l’homme déjà sauvé n’ait plus besoin de la preuve que Dieu existe pour le croire, certes, mais il n’empêche que pour le sauver, Dieu doit d’abord être assuré de sa fidélité.

 
Bien d’accord mais Dieu peut tout et l’homme rien. Et quand l’homme accomplit quelque chose la Gloire en revient à Dieu seul. Cette fidélité n’est donc pas du ressort de l’homme mais de la Grâce.


Donc si le but pour l’homme est de parvenir à la proximité à Dieu, 
le but pour Dieu est d’obtenir la fidélité de l’homme.


Ok.



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