@Qamarad
C’est une question importante, je n ai pas personnellement d’idée
arrêtée mais l’affaire Dieudonné m’a
fait changer d’avis sur certaines choses.
1. On est d’ accord.
2. a. La liberté d’expression doit être encadrée par la loi
mais pour moi à présent, la loi ne doit punir que la diffamation.
b. Pour ce qui est de la lutte de tous contre tous regardez
vous-même la situation actuelle : la liberté d’expression n’est pas totale
mais pourtant la lutte de tous contre tous existe tout de même.
c. La violence physique
doit être punie mais je pense que le concept de « violence symbolique »
n’est pas juridique (un peu comme la dignité humaine du conseil d’Etat),
très subjectif et donc pas pertinent. Les plus forts peuvent imposer le silence
aux autres en usant de ce concept relatif et transformer leur force en droit.
Je suis contre l’interdiction d’atteinte
aux bonnes mœurs (les mœurs sont de toute façon évolutive, elles ne sont pas figées).
3. Pour ce qui est des
financements étrangers, je n’ai pas d’opinion arrêtée mais j’ oscille entre la
contre subversion qui est indispensable et
le recours à cette notion par ceux qui contrôlent l’ Etat pour faire taire
leurs opposants. Mais pour le moment je privilégie la contre subversion.
Mais j’ai une question :
êtes-vous opposés au financement d’institutions religieuses par l’Etat ?
Moi j’y suis opposé, je pense que ce n’est pas son rôle mais en même temps si
on l interdit, pourquoi ne pas permettre à ces institutions le droit d’aller
chercher les financements ou ils le peuvent ? Je n’ai pas de réponse à
cette question …
4. Si vous accueillez
chez vous une intellectuelle étrangère qui remet en cause ce qui vous structure
vous personnellement (et pas nécessairement vos autres compatriotes), elle est
dans un Etat de droit et elle doit avoir le droit de dire ce qu’elle veut et
vous devez avoir le droit de dire ce que
vous pensez d’elle. Je pense que quand on est sur de ce que l’on est, on n’a
pas à craindre ce que les autres pensent de soi.
Une intégrité humaine (encore
un concept subjectif et relatif) qui
remettrait en question les libertés fondamentales ne m’intéresse pas.
Je pense que l’Etat ne
doit pas fixer les valeurs, ce n’est pas son rôle. Je suis pour une autonomie
de la sphère culturelle vis-à-vis de la sphère politique, si l’Etat commence à
dire ce que doivent être les mœurs et l’intégrité humaine, c’est très
dangereux.