"C’est une question importante, je n ai pas personnellement d’idée
arrêtée mais l’affaire Dieudonné m’a
fait changer d’avis sur certaines choses."
Un petit virage libéral au fond .Au dessus, ce sont les lumières et pas le soleil 
2. a. La liberté d’expression doit être encadrée par la loi
mais pour moi à présent, la loi ne doit punir que la diffamation.
Oui, la diffamation entre autres. Je ne vais pas pinailler, je vois où vous voulez en venir. Je vais y revenir.
b. Pour ce qui est de la lutte de tous contre tous regardez
vous-même la situation actuelle : la liberté d’expression n’est pas totale
mais pourtant la lutte de tous contre tous existe tout de même.
La liberté est quasi-totale (pas besoin de revenir sur le totalitarisme de marché qui disparaîtra de toute façon, cf affaire dieudo et les projets de censure) et elle ne saurait être totale. Je dis simplement que la critique intellectuelle est permise, quand elle est ,sur des aspects centraux d’une nation et qui vous structurent (religion, idiosyncrasie etc..), faite dans un langage correct et sans atteinte au bonnes moeurs.
Une fois ce constat fait, il y a la question du socle culturel commun afin d’éviter cette guerre du tous contre tous. J’y réponds plus bas.
c. La violence physique
doit être punie mais je pense que le concept de « violence symbolique »
n’est pas juridique (un peu comme la dignité humaine du conseil d’Etat),
très subjectif et donc pas pertinent. Les plus forts peuvent imposer le silence
aux autres en usant de ce concept relatif et transformer leur force en droit.
Je suis contre l’interdiction d’atteinte
aux bonnes mœurs (les mœurs sont de toute façon évolutive, elles ne sont pas figées).
Quand je parle de violence symbolique, c’est exactement l’atteinte aux bonnes moeurs, soit quand on raille ou injurie des représentations symboliques fortes : se balader seins à l’air dans l’espace public. C’est un principe que je défends ardemment. Je ne suis pas le plus puritain des puritains pour autant.
Et dire qu’elles sont évolutives est en partie vrai. La tradition est critique. Elle est à l’image d’un arbre. Le tronc est immuable comme les principes généraux. L’apparence elle change à travers ses feuilles et ramifications. L’atteinte à la pudeur en fait partie. Une femme qui se dénude dans l’espace public ne se conduit pas à la manière d’un être humain qui ressent naturellement de la pudeur. On me rétorquera l’exemple de certaines sociétés isolées et autarciques. J’utilise par anticipation Etienne de la Boétie : l’homme a une nature incrée et c’est l’habitude qui nous dénature. Certaines sociétés sapent plus que d’autres certains caractères de la nature qui n’empêchent pas la multiplicité des caractères individuels.
3. Pour ce qui est des
financements étrangers, je n’ai pas d’opinion arrêtée mais j’ oscille entre la
contre subversion qui est indispensable et
le recours à cette notion par ceux qui contrôlent l’ Etat pour faire taire
leurs opposants. Mais pour le moment je privilégie la contre subversion.
Ma position est simple. Je vais parler cru. Je ne suis pas ce que l’on pourrait appeler "un français de souche". Je suis issu d’un "métissage". Je le précise pour la suite afin de me faire bien comprendre. L’identité française est subjective : il ne s’agit pas d’une identité purement raciale (même si il faut être franc et dire que la France historique est de race blanche et que notre société maintenant multi-culturelle sera un défi) . Je la conçois principalement comme une identité subjective : c’est l’adhésion à une vision du monde, à un projet, du moins historiquement. L’américanisation actuelle doit être en conséquence combattue. Donc, les étrangers présents sur le sol français ont le devoir s’ils ne souhaitent pas être français de rester discrets (je dépasse la question du simple financement d’activistes politiques). J’échange volontiers avec eux. En revanche, comme nous sommes un pays généreux (parfois trop, cela a toujours été le talon d’Achille de la France), en échange, pas de droit civique (élection ou possibilité de participer à la politique du pays) et pas d’activité subversive ou même politique. S’ils veulent avoir ces droits, ils se dépouillent de leur ancienne identité et se font français. C’est cru, mais je vous livre le fond de ma pensée. Je pense même avoir un positionnement d’une grande bonté compte tenu d’autres conceptions identitaires fondées sur le sang, la race. Et, la réciproque vaut pour d’autres nations. Quand Laurence Ferrrari avait interviewé Ahmadinejad en Iran, tout le monde s’était offusqué parce qu’elle portait un voile. Eh bien ! non. A rome, tu fais comme les romains. En Iran, on exige le voile, les femmes le portent et je n’ai pas à m’en offusquer . En France, le port est autorisé. Et si on me dit que c’est évolutif et que le voile (ou châle) n’est plus porté (les paysannes le portaient il y a encore un siècle), je réponds que nous devons alors en discuter conjointement. Zemmour souhaite son interdiction pure et simple, j’y suis opposé. Mais, l’important en ce domaine ,est le consensus (c’est pas gagné, j’en conviens).