------> Très bien supposons comme tu le dis que les
clercs sont des officiers publics. Dans ce cas, il faut distinguer le clerc
politique et le clerc religieux.
La laïcité consiste donc en
la séparation ces deux principes. Il ne s’agit
pas de dire qu’il ne faut pas d’officier publique, ce qui n’aurai aucun sens.
Voilà, c’est de cela qu’il s’agit : la fin des ministères religieux financés par l’État, tout simplement, les religions étant... des organisations désignés par l’État. Appeler ceci du nom de laïcité, c’est de la fumisterie, pour mettre un bel emballage, mais fallacieux, sur le but réel : remettre en cause le concordat. On peut dire que la République est démocratique, laïque, volkish, il n’en reste pas moins qu’il y aura toujours un décalage entre le chef, le clerc, das führer, le peuple, le laïc et das volk : C’est la structure d’un État qui veut cela.
—> Tout dépend ce
que tu entends par religion. Si pour toi une morale sans transcendance qui
organise la cité pour et par les hommes est une religion, alors oui.
Oui, pourquoi limiter la religion à la croyance en un Dieu unique ? Dans la religion Romaine, l’empereur n’était-il pas un Dieu ? En Chine, l’empereur n’était-il pas un Dieu ? La religion, c’est quelque chose qu’il faut déterminer à partir d’éléments factuels, sinon, on se perd dans des débats sans queue ni tête. Le critère le plus évident et le plus distinctif d’une religion est l’existence de rites collectifs et codifiés.
Maintenant, comment détermine-t-on une morale ? Par la raison.
Comment opère la raison ? Elle met en rapport des prémisses pour conclure.
Mais ces prémisses sont-ils démontrés ? Non. En définitive, ces prémisses sont toujours des axiomes, que l’on juge dignes de foi car ils paraissent évidents.
Mais pourquoi l’évidence serait-elle vraie ? Mystère...
Ainsi toute science, qu’elle soit physique, politique, ou morale, transcende toujours la raison, du simple fait que la raison commence toujours en s’appuyant sur des axiomes indémontrables.
Donc toute morale doit transcender la raison, donc aucune morale n’est sans transcendance.
Bergson : [Si la métaphysique] est une science et non pas simplement un exercice, il faut qu’elle transcende les concepts pour arriver à l’intuition.
[Apparté : Comme Dieu est "flou", mettre le réel en rapport avec Dieu, c’est arriver à l’intuition. On a aussi besoin de l’intuition et du bon sens.]
-> La laïcité serait donc l’exclusion
de transcendance divine dans l’exercice politique. On peut donner diverses
définitions aux termes, mais le principe ne change pas. Jouer sur les mots ne change
rien au contenu de la notion.
Non, c’est juste la remise en cause du Concordat, ce n’est pas la peine de partir dans des grands principes. Le contenu philosophique est vide et indéfini, c’est comme la fable du Loup et de l’Agneau, la raison ne correspond pas aux termes employés, c’est de la ruse.
Tu emploies le langage à l’envers. Tu te donnes un mot puis essayes de trouver un contenu. Mais les mots prennent d’abord leur contenu par dérivation. La laïcité, adjectif laïc + suffixe -ité, implique la caractère laïc de quelque chose. Or un État laïc, c’est par définition impossible, puisque tout État est formé de clercs... Non seulement cela mène à des concepts flous, approximatifs et mal nommés, mais en plus cela bousille la logique de la langue. Résultat : les mots n’ont plus de sens et les gens finissent par raconter n’importe quoi, comme dans ce doux délire qui emporte peu à peu la France.
Loin de jouer sur les mots, je les prends aux sérieux, la preuve étant que je viens de prendre en compte plus de 2500 ans d’histoire pour affiner la notion du mot "clerc". Tu ne peux pas me faire le procès de prendre les mots avec distraction.