@maQiavel
C’est assez paradoxal que tu poses ce genre de question, toi qui ne croit pas trop au libre-arbitre par ailleurs, ayant plutôt une pensée strictement déterministe.
De mon point de vue, pour moi qui suit opposé, je pense que l’euthanasie est impossible à légaliser pour des raisons pratiques.
La loi veut que si quelqu’un meurt, il y a toujours une enquête sur les circonstances de sa mort, pour en déterminer la cause. Si c’est un suicide, et que personne n’y a poussé, bon, ok, il est le seul responsable. Rien n’empêche quiconque de se suicider de son propre chef. C’est une liberté qui ne nécessite l’intervention de personne. Or l’on constate que les personnes âgées, malgré cette liberté, se suicident peu, c’est donc qu’il semble que les gens ont en général envie de vivre leur vie jusqu’au bout.
Maintenant, avec un dispositif d’euthanasie, comment ferait-on ? Celui qui proposeraient le suicide à quelqu’un en situation de faiblesse, ne ferait-il pas de l’abus de faiblesse, ne ferait-il pas une provocation à la mort d’autrui ? S’il s’arrange pour hériter de la personne, suite à sa mort, n’a-t-il pas intérêt à le voir mourir ? Ou s’il le fait parce qu’il hait la personne en question ? Par harcèlement, c’est tout-à-fait possible de pousser quelqu’un au suicide. Comment pourrait-on condamner ce genre de déviance dans le cadre d’un dispositif d’euthanasie ?
Il faut rester simple : on ne naît qu’une fois, sans le choisir, on ne meurt qu’une fois, sans le choisir non plus. Le rôle du médecin est de soigner, c’est dans le serment d’Hypocrate, il n’est pas de donner la mort.