@maQiavel
Désolé,
mais lorsque le mot amour a pour synonyme : estime, goût, affection, intérêt ;
Tandis que le mot mépris a pour synonyme : mésestime, dégoût, désaffection, désintérêt ;
Lesquels sont chacun parfaitement antonymes les uns des autres, ce n’est pas très difficile de percevoir que Aimer est globalement antonyme de Mépriser, que le premier marque une attirance, tandis que l’autre marque une répulsion.
Vous dîtes que votre conception du langage est utilitariste, que le langage ne comporte intrinsèquement aucune vérité ? C’est pour avoir raison je suppose mais le problème pour vous est que cela vous fait prétendre en même temps que ce que vous ne dites ne comporte jamais aucune vérité. Difficile de prétendre à avoir raison en dehors de toute vérité...
Laissons la description sur les méandre de l’intellect. Vous n’y avez pas accès apparemment.
C’est dommage. Je pourrais entendre que le mépris puisse être un remède à un amour déraisonnable et excessif et c’est évidemment parce qu’il s’oppose à cet amour déraisonnable pource qu’il le réprime en l’intellect. En effet, c’est un moyen qui est rapporté en spiritualité chrétienne, par exemple comme partie du remède à la luxure, par mépris des plaisirs charnels. Mais ce n’est qu’un étape, la première, et c’est l’amour de Dieu qui doit être placé tout en haut.
Pour revenir à ce que dit Zaratoustra, « ce n’est que de l’amour que doit s’élever le mépris ». Je note déjà que sur cette assertion, vous succombez, loin d’être un Lion, mais comme un mouton, à ce « Tu dois » de Zaratoustra... Ensuite, cette phrase est évidemment très excessive et il y manque une nuance essentielle, comme souvent avec Nietzsche, ce qui en restreint considérablement la portée : Le mépris peut être éventuellement un remède, mais seulement partiel, d’un amour excessif et déraisonnable, afin de le réprimer intellectuellement, et d’annihiler en soi, par l’intellect, toute velléité d’y succomber. Mais ceci n’est vrai que pour un amour déraisonnable, il n’y a aucune raison de réprimer en soi un amour raisonnable par le mépris.
La trop grande généralité de la phrase nous fait bien comprendre la raison de l’apathie terminale de Nietzsche : il a réprimé en lui-même, systématiquement, et sans discernement, toute forme d’amour, ce sentiment qui déclenche le mouvement volontaire vers l’Objet d’affection, qu’il soit raisonnable ou non. Ayant achevé de détruire en lui-même toute impulsion affective d’agir, par son mépris systématique de ce qu’il aurait pu vouloir, il n’eut alors plus aucun moyen d’agir, d’où sa prostration finale, du fait de la perte effective de sa volonté.
Cela montre bien que Nietzsche, loin d’apporter une philosophie qui apporte une force de volonté, apporte une philosophie qui l’annihile, c’est du nihilisme, et il finit logiquement dans le rien, dans le néant. Ses odes à la volonté paraissent ainsi comme parfaitement pathétiques, des incantations désespérées pour tenter de retrouver ce qu’il perd, la volonté. En plein paradoxe, sa raison le pousse à détruire en lui-même, ce qu’il appelle pourtant de ses vœux d’avoir.