Soler ne semble pas bien au courant des réflexions au sujet de la pluralité qui se sont faites en Europe au moyen-âge, qui ont enfin permis de dépasser la notion d’ "unité perdue" propres aux doctrines dualistes (l’unité s’étant brisée en une dualité Bien/Mal)
C’est précisément l’unicité d’un Dieu créateur, qui fait la pluralité, par la pluralité de ses actes de création, comme un sculpteur peut faire une pluralité de statues, ou un peintre, une pluralité de peintures.
Quand le monothéisme panthéiste (croyance en un Dieu Monde) doit envisager la pluralité par la division du Dieu premier, d’où l’idée-force que la pluralité n’est apparente, le monothéisme créationniste (croyance en un Dieu créateur) envisage une pluralité créée ex-nihilo, où chaque acte de création ajoute chaque fois de nouvelles créatures dans le monde, d’où l’idée d’une pluralité consubstantielle au monde.
Le monothéisme créationniste, contrairement à ce que prétend Soler, n’est donc nullement une entrave à l’idée de pluralité, au contraire, c’est le seul mythe qui permet de la fonder sur des bases solides, par cette multiplicité des actes de créations qui aboutit en autant de créatures autonomes.