@Gollum
C’est le genre de discussion qui m’intéresse, mais nous inversons les deux termes. Je mets la complémentarité d’abord, et la contradiction en second. Cela dit, cela dépend aussi du point de vue.
L’essence de l’univers (-> essence, au sens de Leibniz, au sens de l’idée de Dieu, objet de son entendement, précédant donc l’acte de création qui fait exister la créature) peut être du point de vue de Dieu la complémentarité, cependant que, du point de vue d’une créature, elle peut sembler une contradiction. Par exemple la proie verra son prédateur comme une contradiction, cependant que Dieu conçoit les deux entités comme complémentaires, car elles participent d’une fin commune.
Je ne dis pas qu’il n’y a pas de contradiction, je dis qu’elle n’est pas essentielle, car contenue en creux dans la complémentarité des essences aux yeux de Dieu, mais seulement potentielle et particulière aux existences, c’est-à-dire qu’elle n’est pas nécessaire, mais contingente.
Puisqu’elle est contingente, c’est donc qu’elle existe, tel un phénomène transitoire, un peu comme la faim nous agite pour finalement s’apaiser une fois le besoin assouvi.
Le monde actuel sans contradiction est-il possible ? Je vous ai déjà donné mon argument : Puisque je tiens que la complémentarité implique potentiellement la contradiction, forcément, à un moment où à un autre, ce potentiel se réalise, même à titre transitoire. Cela signifie donc que, non, je ne crois pas que le monde actuel puisse exister sans que ses créatures n’endurent la contradiction à un moment où à un autre.