@medialter
Bel exemple que l’Université, où l’on interdisait l’enseignement de la métaphysique d’Aristote.
C’est de la critique niveau Hollywood... Mais cela ne résiste pas à l’analyse.
Déjà, c’est le Pape Sylvestre II qui réintroduit Aristote en Occident, vers l’an 1000.
Saint-Thomas d’Aquin est un grand commentateur d’Aristote. Puis l’étude d’Aristote n’a cessé, par exemple avec Nicole Oresme au XIVème siècle. On peut même dire que c’est l’abus d’Aristote qui a fait toute la difficulté d’accepter l’héliocentrisme (Aristote ne dit-il pas : "le monde est sphérique, la terre est sphérique, et la terre est au centre du monde" ?). Quoique... tant Saint-Thomas que Nicoles Oresme avait déjà admis qu’il était quand même plus simple pour Dieu de faire tourner la terre sur elle-même plutôt que l’univers autour de la terre (d’où la doctrine de l’équivalence des hypothèse). Au XVIIe, toutes les élites étaient élevées à ce biberon...
Mais les Universités ont fait bien mieux que de simplement imiter Aristote, elles l’ont reformulé et revu, ce qui fut une divine réussite : Au delà de la distinction entre essence et existence, qui fut une première rupture, c’est la notion de causalité elle-même qui est bouleversée : la causalité grecque, purement essentialiste, qui renferme la conséquence, fut remplacée par la causalité moderne, inventée par ces universités, cette cause qui précède temporellement la conséquence - seul ordre logique et rationnel, celle qui a eu tant de réussite en physique classique. Voyez ici pour une historique avec des références.
Manifestement, vous n’avez pas du tout étudié ces périodes et les débats qui les ont animées, mais vous sortez des poncifs avec une certitude absolue, ce qui est comique (l’ignorant sûr de lui, c’est toujours comique)...
Je les ai étudiées. Certes, pas en détail. Mais, je vous assure que c’est du très haut niveau, bien plus haut que les pensées (post-)modernes qui sont trop approximatives, et que c’est bien de là, de ces universités médiévales, que vient la révolution scientifique, pour moi, il n’y a aucun doute.