@Éric Guéguen
Cela n’a rien à voir avec le libéralisme : celui-ci prône l’anti-société, puisqu’il est fondé sur la concurrence. Ce n’est pas pour rien que la révolution a explicitement interdit toutes associations ouvrières (Loi le Chapelier, décret Allarde). Leur autorisation, par la loi Waldeck-Rousseau, les a refondé sur la base... de la lutte des classes, nouvel avatar de la concurrence...
L’État n’est pas l’instrument du Tout. Le Tout n’est pas une chose concrète, il n’agit pas, il n’a donc pas d’instrument. L’État est l’instrument du souverain. Le souverain peut utiliser l’État comme bon lui semble, soit pour renforcer le lien social, soit pour le dissoudre, soit pour le favoriser, soit pour l’entraver. L’État moderne est pensé pour que le lien social soit inutile, et en effet, il l’est devenu. Mais c’est au prix d’une très grande fragilité sociale.
Quant à ce qui est sclérosant, ce sont les institutions, qui tendent généralement à se corrompre. Il faut périodiquement renouveler les institutions. Si l’on veut la société comme une totalité dynamique, il faut que les hommes soient reliés par des liens dynamiques. Une institution est un lien par trop rigide, qui tend à s’étendre exagérément à travers les générations, jusqu’à éventuellement étouffer la société qui la porte. C’est comme pour les arbres fruitiers. L’excès de leurs branchages réduit la quantité et la qualité de leurs fruits : Tous les ans, il faut tailler l’arbre pour que la récolte soit bonne.