@La Vouivre
le Montaigne inconnu du fin fond du Jura et mort dans l’indifférence générale pendant que ses écrits ont servis d’allume feu pour la cheminée de ses vieux qui ne comprenaient que dalle aux écrits de leur feignasse de fils incapable de traire les vaches à l’heure à cause qu’il était possédé par ses poèmes et ses proses qu’il rédigeait tard dans la nuit à la lueur de la bougie. C’est sûr, c’est assez éloigné des studios paillettes que ce monde là, et pourtant, si ces écrits étaient tombés dans l’oreille des tout puissants merdias, ç’eut été Gustave et non Nabe qui aurait ramassé le poing de Benamou chez Pivot pour un récit un peu trop sorti du terroir, brut de décofrage, mais non moins subversif qu’au régal des vermines
C’est sûr que si vous comparez Nabe à des artistes imaginaires, il n’est pas si impressionnant que ça. Moi aussi, j’en connais un, d’artiste imaginaire. Il est né en 1912, près de Maubeuge, mais manque de bol il est mort de la tuberculose avant son cinquième anniversaire, le truc bête. Mais s’il avait vécu, ç’aurait été un génie incomparable, qui aurait mis Céline et Léon Bloy en slip sans problème. Je dirais même que mon artiste imaginaire est encore plus balèze que le vôtre, tiens.