@philouie
Pour parler d’Amour, encore faut-il en proposer une définition...
L’Amour est l’attirance ressentie pour un Bien, ce Bien pouvant être n’importe quoi : un objet matériel, une émotion intérieure (joie, plaisir...etc), un être vivant,...etc.
Il y a des amours bien réglés, et des amours déréglés. Un Amour bien réglé est l’attrait pour un vrai Bien. Un amour déréglé est l’attrait pour un faux Bien. Il y a donc diverses formes d’amour, selon la pertinence de leur finalité. Il y a des amours viciés. Maintenant, pour en juger, encore faut-il pouvoir définir ce qu’est le vrai Bien. Or sur ce point, Dieu est le seul juge, selon ses finalités propres.
Or, il me semble que Dieu a jugé que l’Amour charnel devait concerner des êtres complémentaires, homme et femme. Il me semble donc que l’Amour n’est pas l’attrait pour l’identique à soi, comme, par ailleurs, il n’est pas l’attrait pour le différent de soi, mais l’attrait pour ce qui nous complémente, pour ce qui nous fait grandir et épaissir, et, ceci, réciproquement. Cette complémentation étant jugée selon les yeux de Dieu, bien entendu : elle nous reste donc toujours mystérieuse.
La société, pour être auto-suffisante et subsister, ne peut être une assemblée de clones : Un corps n’est-il pas composé d’organes complémentaires qui œuvrent de concert ? Dans un corps, une assemblée de cellules rigoureusement identiques, cela s’appelle une tumeur, et c’est un cancer. Or un cancer, ça tue le corps. De même, une société ne peut être composée que d’organismes complémentaires qui s’aiment mutuellement, ceci pour qu’elle ne se divise pas. « Une société qui se divise par elle-même périt », dit l’évangile.
Le ciment lui-même ne doit sa solidité qu’à ce qu’il se compose de corps chimiquement complémentaires, argile acide, calcaire basique. L’atome encore ne tient que par ce qu’il comprends des corps de charges électriques complémentaires. Tout ceci m’indique que l’Amour véritable est l’attrait pour une chose complémentaire à soi, qui comble un manque en soi, tel que jugé par Dieu.
Ceci pour dire que ce vocable sur l’identité ne me sied point - c’est penser une société statique, donc inanimée, donc déjà morte. « S’aimer soi-même à travers l’autre qui nous ressemble », c’est à mes yeux un amour déréglé.