@Qaspard Delanuit
Ok, j’avais bien compris : Par transpositions successives de la réflexion, parfois on finit par dire des choses qui n’ont plus de sens, surtout quand s’y nichent diverses synecdoques et autres ellipses...
Pour en revenir à ma remarque précédente : l’humanité est caractérisée par une conscience, de même que l’humanité est caractérisée par une capacité de reproduction. Mais, l’humanité étant une classe, une catégorie d’êtres, elle est une abstraction, une idée. Or, dans une abstraction, les caractéristiques ne sont pas encore fonctionnelles. Pour qu’elles le soient, il faut d’abord faire de l’être abstrait un être concret. En philosophie classique scolastique, on dirait qu’il faut d’abord donner l’existence à l’essence. En philosophie classique aristotélicienne, on dirait que l’essence s’actualise par accident. En informatique, on dirait qu’il faut « instancier » l’objet à partir de la classe.
« L’humanité se caractérise par » n’est pas synonyme de « l’humanité a ». « Avoir », c’est ce que l’on possède en propre à soi. Or l’humanité ne possède rien qui soit propre à « Soi », puisque l’humanité n’est pas un « Soi », elle est un point commun entre une multitude de « Soi », un modèle générique sans existence concrète.
Bref, à l’étape de l’abstraction, on ne peut pas donner un contenu précis, et encore moins une étendue, aux facultés qui caractérise l’humanité comme cette faculté d’avoir conscience. Sinon, on se retrouverait face à une contradiction : Dans la conscience d’un homme, il y a la conscience de soi, et la conscience des autres. Si on voulait transposer ces facultés existentielles au plan abstrait de l’humanité, on ne pourrait transposer si simplement la conscience des autres, puisque les autres sont eux-aussi humains... La conscience des autres serait transposée comme une conscience de l’humanité, donc une conscience de soi... Mais ce serait alors oublier la conscience de l’altérité, qui est une caractéristique fondamentale de l’humanité, puisqu’elle implique la composante politique de l’existence humaine, ce qui reviendrait à mal concevoir l’humanité, puisqu’elle se caractérise par une conscience de l’altérité, comme celles des nations, des voisins, des parent, des collègues,...etc