@Qaspard Delanuit
Vous disiez : « Ce qui est stupide, c’est le refus du questionnement ou même le fait de
ne pas penser à se poser des questions. Pourquoi "croyez"-vous ?
Qu’est-ce qui en vous, "croit" ? Pourquoi éprouvez-vous le besoin et la
satisfaction de "croire" ? Que se passerait-il si vous cessiez de
"croire" ? Quelle partie de vous en serait affectée ? Pourquoi ? »
Mais c’est stupide : comment pouvez prétendre qu’il ait un jour existé dans ce monde des gens dénués de la capacité de s’interroger ? Ca n’existe pas. Tout homme s’interroge. C’est sa nature même...
Maintenant, s’interroger, c’est entrer dans un état d’esprit contemplatif, pour délibérer en soi, afin de se déterminer un choix. Cela peut se faire en s’allongeant sur un lit dans le noir, les yeux fermés. C’est une attitude inactive. Mais dans la vie, il faut aussi agir. Pour cela, il faut que le choix, fruit de la délibération, obtenu par interrogation, soit fermement tenu, ce qui implique de sortir de l’état d’esprit contemplatif, pour entrer dans un état d’esprit affirmatif, afin passer à l’état de volition (état défini comme celui du passage à l’acte).
On le voit bien : celui qui est rongé par un dilemme s’interroge sans cesse, sans parvenir à choisir, il est hésitant [définition : Être dans un état d’indétermination, d’incertitude qui empêche d’agir, de prendre parti, ne pas se décider à.]. Croire est donc cette attitude globalement affirmative, ce qui permet d’agir, mais mâtinée d’interrogation, ce qui n’empêche pas de penser. C’est l’attitude normale de tout homme en pleine possession de ses facultés d’homme, qui peut agir et penser. C’est un bien que de pouvoir se déterminer malgré les incertitudes.
Penser sans agir, c’est maladif (apathie). Agir sans penser, c’est maladif (présomption). Le truc, c’est de pouvoir penser pendant l’action. Un excès d’interrogation est aussi nocif qu’une carence d’interrogation. Il est donc légitime de refuser les questionnements, s’ils sont excessifs. Une personne hostile qui ne voudrait pas qu’on agisse peut d’ailleurs nous bombarder de questionnement pour nous empêcher d’agir, c’est une ruse assez classique en matière de subversion.