@Rounga
L’exemple de la pierre chez Spinoza manque quelque chose d’essentiel : le déterminisme, au sens scientifique du terme, implique un agent extérieur comme cause de l’effet.
Pour la pierre, la cause de l’effet est la pesanteur, et son effet est immédiat. Le mouvement de la pierre est donc entièrement déterminée par les conditions extérieures.
En revanche, pour un homme, la cause qu’il poursuit, autrement dit, sa volonté, dépend de son intériorité, ce qui nous met donc hors du déterminisme scientifique... Que l’état de son intériorité soit entièrement déterminé ou non, peu importe, on peut le supputer et le croire, mais, en vérité, on l’ignore : l’âme est un peu comme une boite noire. De plus, il est certain que ces éventuelles déterminations ne sont pas immédiates - cela dépend de l’état d’âme, contrairement à ce qu’il en est pour le déterminisme physique.
C’est pourquoi, en ce qui concerne l’homme ou l’animal, on peut dire qu’il se détermine, puisque c’est de lui-même qu’il tire sa volonté, tandis que de la pierre, on peut dire qu’elle est déterminée, puisque c’est de la pesanteur qu’elle tire sa volonté, mais pas d’elle-même.
Par conséquent, pour une science qui concerne la matière inerte, il n’est besoin que de la notion de causalité efficiente, mais pour penser une science de l’homme il faut encore ajouter à cette causalité efficiente la notion de cause finale, puisque l’homme, par son âme, se détermine.
C’est la grande erreur moderne d’avoir voulu reconfigurer les sciences humaines (morales et politiques) selon les canons de la science physique.
Enfin, il vous manque la notion d’État pour compléter celle de Nature.