@Zatara et Oursquipense
Elle n’a aucune responsabilité sinon celle de faire le deuil d’un ami perdu.
Non elle ne l’a pas abandonné, elle a sauvé sa peau et elle a fait le bon choix, ou quelqu’un a eu la lucidité de le faire pour elle. Sa colère est saine, elle est descendue quand les secours étaient annoncés dans l’après midi.
Tomek et Revol sont partis sans oxygène et sans sherpas en guise de porteurs, de vrais alpinistes.
Si les alpinistes jouent avec la mort, ils ne sont pas débiles et possèdent un sens aigu du danger objectif. Ils partent à la conquête des cimes préparés et pour en revenir.
J’ai beaucoup d’admiration pour l’esprit de cordée que représentait la paire Robert Paragot et Lucien Bérardini, une amitié qui dura toute une vie. Lucien expliquera pourtant à propos de l’ascension de l’Aconcagua qu’après le dernier bivouac, pieds et mains gelées, épuisé et en manque d’oxygène, l’amitié n’existe plus, seulement l’instinct de survie. On le surnommait "Lulu le fou", et c’est en passant un ressaut rocheux à mains nues par moins 25° qu’il a libéré toute l’équipe vers la sortie...en y laissant ses doigts. Les règles du jeu ne sont pas les mêmes en haute montagne.
On a reproché à Reinhold Messner d’avoir abandonné son frère dans le Nanga parbat. Il lui faudra 30 ans pour prouver que son frère était mort comme il l’avait raconté, dans une avalanche.
« L’art de ne pas mourir est seulement un art s’il y a vraiment un risque de mourir. Si j’écarte ce risque de mourir, alors cela devient juste un jeu, du tourisme ou du consumérisme » Reinhold Messner