@Qirotatif
"D’abord il faut prendre conscience d’une chose : nous avons une responsabilité dans l’émergence de ces marqueurs identitaires. Elle repose sur notre relativisme droitdel’hommiste qui fait que l’individu est devenu la mesure de lui-même, que le collectif n’a plus sa place dans nombre d’esprits."
Cette partie de votre propos est paradoxale ou contradictoire et mérite réflexion. Dans l’esprit de la Déclaration universelle des droits de l’Homme", c’est aussi l’Homme qui est universel. Il s’agit donc bien d’un universalisme humain ou si l’on préfère le dire ainsi d’un humanisme universel et non d’un simple individualisme qui atomiserait la société. Quant aux marqueurs identitaires, ils sont ressentis comme un besoin compulsif par les personnes vivant encore dans des formes anciennes de tribalisme, venant d’une époque où précisément l’individu n’existait que trop peu pour faire face à l’univers avec son "Je suis". Période que personnellement je n’hésite pas à nommer "l’enfance de l’humanité" car elle se caractérise par le besoin de divinités paternelles et maternelles réclamant l’obéissance. L’homme adulte éduqué dans une civilisation humaniste est autonome en conscience (c’est tout l’enjeu de certains traités d’éducation à partir de la Renaissance). Un tel être humain peut se représenter comme un "Je suis" faisant face à l’univers. Il n’a pas besoin d’autre communauté spirituelle que l’humanité universelle, ni de chef spirituel, ni de manuel de conduite (ce qui ne fait pas l’affaire des religions). Il a sa propre conscience, son âme consciente, il est une Personne (et non une âme collective comme les animaux). C’est en écho à cette impulsion évolutive que répond la fameuse Déclaration universelle. Bien entendu, ce passage de la tribu à l’Humanité est long. Il peut prendre des formes exagérément hâtives, en particulier sous la forme du despotisme abstrait et de l’impérialisme. C’est néanmoins dans cette direction que nous allons, bon gré mal gré. L’islamisme est une convulsion de mourant. Il faut certes s’en défendre car cet égrégore reste dangereux (et d’autant plus qu’il sent sa fin proche), mais l’islam va disparaître comme toutes les religions du vieux monde agonisant.