@maQiavel
"( ce qui est laid pour les uns ne l’est pas forcément pour les autres )."
C’est surtout vrai dans un monde sans frontières et sans racines où les pays sont des hôtels de passage. Mais nous formons nation quand nous nous accordons sur les grandes lignes de ce qui est beau et de ce qui est laid. Car une nation suppose une communauté de destin qui prend forme à travers un style singulier. Qu’est-ce qu’un pays sinon une manière d’être au monde et une manière d’être ensemble ? C’est ce style qui donne forme à une âme collective et révèle une identité singulière enracinée dans une histoire unique, toujours un peu mythifiée, et une géographie dessinant les contours d’un territoire bien réel où nous posons les pieds et construisons nos maisons.
C’est donc à bon droit que les humains souhaitent défendre leur identité nationale, quand bien même le feraient-il avec naïveté et en suivant leur instinct, en se battant pour le goût de leur pinard, la ligne de leurs chapeaux et la gracieuse élégance de leurs déesses incarnées. Je ne vois pas quelle abstraite idole métapolitique surplombante serait fondée à s’imaginer pouvoir les en empêcher, tant que les nations sont assez bien organisées pour manifester leur évidente résolution.
Et le fait d’évoluer dans un certain pays avec son style particulier ne m’empêche pas non plus, en tant qu’individualité spirituelle, d’être seul magistrat de ma relation intime à l’univers. C’est en cela que réside l’autonomie culturelle de la personne humaine. Et non dans la négation de l’âme des peuples.