A propos de l’innocuité des vaccins anti-Covid
Même en s’y mettant à huit, mes éminents collègues ne m’ont
manifestement pas lu, ce qui certes permet de gagner beaucoup de temps,
mais est tout de même un peu gênant lorsque l’on se permet de proférer
en public de telles injures.
Les deux articles sur la pharmacovigilance sont signés par six
personnes et non une seule. Les cinq autres auteurs sont deux collègues
universitaires en informatique (Emmanuelle Darles) et en mathématique
(Vincent Pavan), une biologiste ancienne chercheuse à l’INSERM (Hélène
Banoun), un médecin généraliste (Éric Ménat) et un pharmacien
hospitalier (Amine Umlil) qui est spécialiste de pharmacovigilance. Mon
nom apparaît en premier car je suis le principal rédacteur, mais les
cinq autres signatures ne sont pas là pour faire tapisserie. Elles
traduisent le fruit du travail d’un petit groupe, comme pour la plupart
des articles que j’ai publiés sur la crise sanitaire depuis un an et
demi. Mon enquête sur la gestion politico-sanitaire de la crise du Covid
a débutée en mars 2020. J’ai publié une soixantaine d’articles (que
j’appelle les « épisodes » de la série) et une trentaine de collègues
universitaires (de toutes disciplines) et de professionnels de santé
(ambulatoires ou hospitaliers). Je suis également le rédacteur principal
de cinq tribunes collectives, publiées entre septembre 2020 et janvier
2021, qui ont rassemblé à chaque fois entre 200 et 600 signataires,
essentiellement des universitaires et des professionnels de la santé, du
droit, de l’éducation et de la culture. Tout ceci est indiqué sur la page du site Internet
de mon laboratoire sur laquelle il suffit de cliquer. Mais il est
évidemment infiniment plus facile de se défouler en quelques lignes et
en recopiant des sources de seconde voire de troisième main plutôt que
d’étudier un peu sérieusement un dossier qui fait en réalité plusieurs
centaines de pages.
Venons-en à ce défoulement. Mes huit critiques n’ont en tout et pour
tout qu’un seul argument intellectuel : je ne comprendrais rien à
l’imputabilité des effets indésirables des vaccins, mon raisonnement ne
serait donc même pas digne d’un étudiant de première année de
sociologie. Tiens donc. Vérifions alors. Relisons ce que nous avons
écrit dans ces deux articles qui discutent en réalité à chaque fois la
question complexe de l’imputabilité. N’importe quel lecteur honnête peut
y constater que nous avançons six arguments que je copie-colle
simplement ici :
1- « Sur tous les sites de
pharmacovigilance du monde, on trouve les mêmes précautions
d’interprétation indiquant que les déclarations d’effets indésirables
imputées à tel ou tel médicament ne sont qu’une présomption de causalité
(imputabilité). Cette présomption est cependant considérablement
renforcée lorsque les décès surviennent très rapidement après la
vaccination, ce qui est le cas comme on le verra avec les données
américaines ».
2- « Il est évident qu’il est très
difficile de déterminer la cause exacte d’un effet indésirable grave
lorsque le malade présente (ou présentait s’il est décédé) des
comorbidités importantes, ou lorsque son dossier médical est
insuffisamment connu. Le raisonnement vaut d’ailleurs aussi pour les
morts réputés causées par la covid [morts de la covid ou avec la covid ?].
Et c’est aussi pour cette même raison que, quel que soit le médicament
concerné (vaccin ou autre), il ne faut jamais l’administrer uniformément
mais bien au cas par cas en fonction de l’état de santé général de la
personne et des éventuelles spécificités de son histoire médicale ».
3- « En matière de mortalité, la
preuve ultime de l’imputabilité qu’est la répétition du même symptôme à
la suite de la même médication ne peut par définition pas être fournie
(on ne meurt qu’une fois…) ».
4- Qu’on le veuille ou non, « il
existe des faits (des effets indésirables graves sont constatés dans les
heures et les jours qui suivent un acte médical) et il n’est pas
possible de s’en débarrasser d’un revers de la main au prétexte que la
causalité directe (a fortiori unique) n’est pas établie. C’est un peu
comme si on voulait contester l’existence d’un homicide au motif que
l’on n’a pas encore trouvé le coupable. Les déclarations de
pharmacovigilance relatives aux effets indésirables graves de la
vaccination sont là, il faut les interpréter et non tenter de les cacher
sous le tapis ».
5- « On verra que la comparaison avec
d’autre médicaments montre qu’il se passe bel et bien quelque chose
d’inédit pour ces vaccins génétiques anti-covid ». Car nous avons également prouvé par la comparaison avec d’autres pays et avec les vaccins contre la grippe saisonnière.
6- « Autre exemple saisissant de
parti-pris : à la fin du mois de mars 2020, il avait suffi de 3 cas de
décès (liés en réalité à des auto-médications surdosées) remontés par la
pharmacovigilance pour déclencher en France une tempête
politico-médiatique sur le thème de la dangerosité de l’hydroxychloroquine. En d’autres termes, pour la plupart des journalistes [et de certains sociologues, donc],
les statistiques sanitaires sont indiscutables quand elles vont dans le
sens de la narration officielle, mais elles deviennent soudainement
discutables lorsqu’elles contredisent cette même narration. Cette
malhonnêteté intellectuelle devrait sauter aux yeux ».
J’ai beau réfléchir, je ne vois pas quoi ajouter. En revanche, je
serais curieux de connaître les publications scientifiques m’ayant
manifestement échappées, qui permettant à mes éminents collègues
d’affirmer que la probabilité (que les effets indésirables graves voire
mortels déclarés par les médecins à la pharmacovigilance et attribués
aux vaccins le soient effectivement) est « infinitésimale ». Cela me rassurerait sur leur « compétence professionnelle ».