@yoananda2
Il faut dire aussi que ce sont les « blancs » qui
on lâché le Kraken. En allant exporter la révolution industrielle dans les pays
du Sud ils ont créé l’ethnocide. Maintenant, les ethnies ont disparu car elles
ont perdu leur raison d’être. Il me semble que le point de non retour a été
déjà franchi, dépassé... Levi-Strauss avait déjà expliqué tout cela avec ses
communications à l’ONU, sa méfiance de « l’universalisme » son côté
youpida, l’enfer et les bonnes intentions. C’est surtout ce silence sur cette disparition qui est le problème : il nous manquera toujours une case pour réfléchir correctement à ce "vivre ensemblisme". Ce n’est pas le tout de faire une population qque part, il faut savoir aussi produire une culture commune qui fait le liant, la raison d’être à un peuple. Mais c’est un vaste sujet.
Après, ces blancs avaient cette révolution industrielle
collée aux fesses. Elle serait de toute façon née en Chine, en Inde, ou au
M.O. si les occidentaux n’étaient pas dans le moment historique le plus avancé
technologiquement. Et de fait, tous les peuples sur la planète l’on
voulue : une dalle en béton, c’est mieux que la terre battue, un congèl,
ça permet de stocker au lieu d’avoir à chasser ou récolter tous les jours, la
bagnole apporte plus vite les besoins d’existence que les pedibus, etc…
Ou pas exactement. Plus précisément, ceux
qui ne voulaient pas de cette
révolution, ou en tout cas pas comme ça, car ils avaient déjà imaginé un mode
de vie et d’économie qui va bien ont perdu, ont été évaporés, n’avaient pas d’armes pour se défendre, d’avocats pour plaider pour eux ni
contre-pouvoirs. Les manifestations longues des centaines de millions
d’agriculteurs indiens ont aussi cet enjeu : est-ce qu’ils gardent leur
génie agricole ou est-ce que la technosphère la leur enlève pour en prendre en charge son
ingénierie ?
En tout les cas, oui, c’est cette dernière révolution
culturelle de l’humanité est en train de rater.
La course à la puissance et la course à la tranquillité ne
font pas bon ménage : là aussi,
deux anima qui s’affrontent dans la course à la complexité.
Quand je regrette l’ethnocide qui a été fait et quand vous
plaidez pour l’ethnobiologie, en fin de compte c’est la même chose. De mon
côté, je ne vois pas comment cela peut être résolu. J’aime bien l’évolution de Kemi Seba : il ne se contente pas de d’alimenter un ressentiment (avec lequel on ne peut rien construire) mais veut réveiller "l’africanité", la culture comme réacteur nucléaire qui réchauffe cette envie d’être ensemble.