@nono le simplet
Le problème n’est-il pas plutôt votre refus d’y voir une volonté affichée, comme c’était déjà le cas avec le « marteau » et l’« enclume », mais avec la divulgation de la stratégie militaire en moins ?
Politiquement parlant, de Gaulle n’a pas été « mis » à l’écart, mais il était plutôt considéré comme n’ayant aucune légitimité par les anglo-saxons, lesquels voyaient en la France un pays vaincu depuis 1940.
Mais l’homme leur était utile militairement, afin de mener leur action dans les meilleures conditions, l’implication des forces françaises coloniales et de l’intérieur leur permettant de limiter leurs propres pertes et de préparer le terrain sur notre territoire.
C’est donc de Gaulle qui s’est imposé à eux, difficilement, en se rendant indispensable, et non pas l’inverse. Pour eux, il était plutôt une épine dans le pied avec laquelle ils devaient composer (son assassinat a même été envisagé), et certainement pas un choix délibéré pour diriger une France rétablie dans ses droits.
D’ailleurs, les anglo-saxons n’ont jamais eu l’intention d’associer les Français à leur victoire. De fait, la France n’a pu que contre-signer, en tant que simple témoin, les deux actes de la capitulation allemande (à Reims le 7 mai 1945 par le général Sevez dépêché in extremis, et le 8 mai à Berlin par le général de Lattre de Tassigny). C’est donc à la Force expéditionnaire alliée sous commandement américain et à l’Armée rouge que les Allemands se sont rendus, et non pas aux forces françaises, pourtant présentes et identifiées en tant que telles, mais que les anglo-saxons utilisaient juste comme de la chair à canon, un moyen pratique de parvenir à leurs fins.
Depuis lors, les Américains n’ont de cesse d’œuvrer à une colonisation du pays que de Gaulle a eu l’habileté de leur confisquer. Et aujourd’hui, force est de constater que leur projet a bien avancé.