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https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/petrole-de-schiste-americain-vers-la-fin-de-lage-dor-1029393
Des besoins de financement permanents
Comme dans toute révolution industrielle, le boom du pétrole de schiste aux Etats-Unis
a pris son essor grâce à deux moteurs : la technologie et la finance.
Face à la nécessité d’investir, le problème majeur que rencontrent
aujourd’hui les sociétés spécialisées est l’équation économique propre à
ce type d’extraction. Dans ce secteur en effet, il faut sans cesse
renouveler les forages, ce qui nécessite des besoins de financement
permanents.
Pour
les trouver, les entreprises ont souvent recours à la mise en place de
couvertures sur les marchés à terme pétroliers. Mais lorsque les
financements se raréfient, les entreprises qui n’ont plus les moyens de
mettre de nouveaux puits en production cessent de se couvrir sur les
marchés à terme. S’enclenche alors le cercle vicieux identifié par
l’économiste de l’énergie Philippe Verleger : la réduction des
opérations de couverture se traduit par une réduction de la capacité
d’emprunt, qui se traduit à son tour par une réduction des activités de
forage.
Le
revers de cette nouvelle ruée vers l’or noir, c’est qu’entre 2010 et
2018 les « fracking companies » ont généré un free cash flow négatif de
181 milliards de dollars. « Et qu’entre juin 2015 et décembre 2018, pas
moins de 167 d’entre elles ont fait faillite, avec à la clef, 95
milliards de dollars de dette », soulignent le Sightline Institute et
l’Institute for Energy Economics and Financial Analysis dans une étude parue en mars .
Au
premier trimestre 2019, la tendance s’est poursuivie avec huit
nouvelles faillites et une ardoise de 3 milliards de dollars. Or
constate Benjamin Louvet, qui parle d’un secteur « drogué à la dette »,
les financements se sont fortement réduits en 2018, leur total, tant en
actions qu’en obligations, a même touché un « plus bas » de 10 ans. « Il
est possible que non seulement la production de pétrole de schiste
croisse moins vite cette année mais même potentiellement qu’elle
recule ».
Autant d’éléments qui pourraient refroidir les investisseurs.
Jean-Michel Gradt