→ Faire tomber le mur de la dette (Vaut le détour, très
clair et synthétique , ne vous contentez pas du résumé ci-dessous, vous
gagnerez en compréhension sur un point essentiel et donc vous gagnerez de
l’autonomie de réflexion et du temps).
« La
manière dont les États se financent les met à la merci d’un chantage du
capitalisme financier. Le problème, plutôt que la dette publique elle-même,
c’est bien ce chantage organisé autour d’elle. L’État refinance sa dette auprès
des marchés financiers...
Dans
les mois qui viennent, plusieurs de ces titres de dette arrivent à échéance. Et
la BCE ayant mis fin à sa politique de rachat nets de dettes publiques, nous
allons devoir refinancer au moins une partie de cette dette auprès des marchés.
Jusqu’à présent, cela ne posait pas de problème particulier étant donné le
niveau des taux d’intétrêt. Mais l’inflation nous entraine dans une spirale de
hausse des taux. La BCE, contre tout bon sens, a annoncé pour cet été un hausse
de son taux directeur. Donc l’endettement va dévenir plus cher pour les États
au moment même où la banque centrale arrête son programme pour garantir leur
financement...
Quand
cette exception tant historique que géographique, sortie de l’esprit de néo-
libéraux fanatiques, est devenue intenable pour les tenants même du statu quo
dans l’Union européenne, la banque centrale a inventé un moyen de le
contourner. Entre 2015 et 2022, elle a racheté sur les marchés, de la dette
publique des États, pour la mettre dans ses coffres. Elle a ainsi acquis plus
de 3 000 milliards d’euros de dettes des États européens. 30 % de la dette
publique française est ainsi détenue par la banque centrale, et plus sur les
marchés financiers. C’est ainsi, en contournant largement les traités, qu’elle
a pu éviter à court terme une crise financière généralisée, la banqueroute dans
plusieurs des plus grands États européens et surtout plusieurs des plus grandes
banques européennes notamment allemandes...
Il
faut donc profiter de l’occasion historique qui résulte des sauvetages pratiqués
par la BCE dans la décennie qui vient de s’écouler. Cela nous donne une
occasion historique. Notre banquier central peut acter du fait que la dette
détenue dans ses caisses ne sera jamais payée, que les États n’auront plus
besoin d’aller sur les marchés financiers pour la refinancer. Il peut utiliser
sa capacité à créer de la monnaie pour financer les États. Bien sûr, cette
opération resterait dans le cadre actuel des traités. Elle ne changerait pas
d’ailleurs la nécessité de sortir de ces traités pour établir d’autres règles.
Mais elle constituerait un tournant historique. Pour la première fois depuis 40
ans, la banque centrale serait en Europe du côté des peuples et de leurs États
et non des puissances financières. »