• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV Mobile


Commentaire de Étirév

sur L'armée russe (1453-2025) - Francine-Dominique Liechtenhan


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

Étirév 28 mars 12:52

On n’a inventé le militarisme que pour soutenir l’injustice et c’est l’envahissement progressif du régime de la force qui a fait régner partout la souffrance des masses. Le militarisme a pris sa forme moderne en 1558 ; cette date est celle de l’année où fut créé le premier régiment de France. Notons cependant que c’est Charles VII, le premier, qui prit en mains le commandement suprême des compagnies de guerre et imagina la création d’une armée nationale. Les armées furent d’abord composées de simples bandes de pillards de profession, ou de vilains. Aussi, c’est à partir de Louis XIV que les hommes reçurent une solde régulière et furent appelés « soldats ». On les appelait aussi « soudards », parce qu’ils étaient « soudoyés » ; c’était un métier méprisé. Et, en effet, quoi de plus méprisable que de recevoir de l’argent pour tuer des hommes ? C’est pour réagir contre le mépris que les souverains, qui avaient besoin de troupes pour les défendre, mirent l’idée d’honneur à la place de l’idée de mépris. C’est depuis que le militarisme fut organisé que l’on vit des monarques aller jusqu’aux derniers excès dans le mal.
De nos jours, la captation monétaire par les « Puissances d’argent » leur a permis de générer de gros conglomérats économiques. Ces « groupes d’entreprises » sont contrôlés par des personnes privées et disposent, aujourd’hui, à l’instar des souverains d’hier, de la force de canon étatique, laquelle évolue de plus en plus souvent, au rythme de la décadence étatique, en milices privées : citons la PMC (Private Military Company) « Academi » précédemment connue sous le nom de « Blackwater ». Notons que « Academi » a été renommée « Xe Services » en 2009, puis a de nouveau été appelée « Academi » en 2011. En 2014, celle-ci a fusionné avec « Triple Canopy » pour former, présentement, la société militaire privée « Constellis Holdings Inc. ».
Le poids des PMC et ESSD (Entreprise de Services de Sécurité et de Défense), surtout anglo-saxonnes, a été croissant depuis les années 1990. Notons, cependant, qu’une organisation paramilitaire de type PMC a vu le jour en Russie en 2014 : il s’agit du « Groupe Wagner ».
NB : L’histoire écrite, d’abord, par les auteurs masculins, puis répétée par tous (Jean Parvulesco parlait de « confrérie faisandée des historiens conventionnels ») s’occupe exclusivement de ce que font les hommes : la guerre d’abord, la conquête, le commandement, puis l’industrie et quelques notions concernant la vie privée, les mœurs, et ce qu’ils entendent par le mot religion. Tout cela dans le but d’affirmer les droits donnés aux hommes par les codes masculins. Quant à la vie morale et spirituelle des femmes, il n’en est jamais question ; non seulement on néglige ce chapitre, mais on l’amoindrit en le désignant dédaigneusement sous le nom de fables ou de Mythologie. C’est cependant cette partie de l’histoire qui explique toutes les origines, en même temps que toute la vie intellectuelle des peuples.
Rappelons que l’androcratie établie quasi partout à partir du VIème siècle avant notre ère, et qui ne laissait plus que rarement le trône à des femmes, va établir entre tous les hommes, tacitement conjurés, le système de justification employé par tous les usurpateurs, le dénigrement de la victime dont on a violé les droits. C’est ainsi que le régime gynécocratique fut partout déprécié, la valeur des femmes diminuée, leur caractère avili ; tous les moyens que la ruse invente furent employés pour cacher à la postérité les œuvres géniales des grandes femmes du passé. Et combien cela était facile dans un temps où les victimes de ce système n’avaient pas le moyen de réagir et où les puissants seuls faisaient entendre leur voix ! Que l’on songe que, même de nos jours, où les moyens d’information sont si répandus et si rapides, où le Féminisme a partout des sociétés et des publications, les œuvres les plus remarquables des femmes sont ignorées, systématiquement entourées de silence et d’ombre par les hommes qui entraînent avec eux, dans ce système, les femmes faibles dont ils font leurs complices pour étouffer le génie féminin. Et, du reste, les faits que les partisans religieux, politiques ou sociaux ont intérêt à dénaturer en les magnifiant ou en les ravalant, sont extrêmement difficiles à bien établir dans leur réalité. A plus forte raison ceux qui concernent la femme. Il en était déjà ainsi au début de l’ère chrétienne, à propos et dans les pays des évangélistes où les légendes se créaient, s’empilaient et se propageaient avec la précocité et la rapidité que l’absence d’esprit critique et de moyens de contrôle, l’existence de luttes politiques, la faiblesse mentale des masses, leur déchéance nationale, ont partout et toujours déterminées.
C’est pour empêcher que l’antiquité soit connue que, après avoir brûlé les bibliothèques, on a empêché la publication des livres nouveaux ; et, pour atteindre plus sûrement ce but, on entrava la propagation d’un art déjà connu de temps immémorial en Chine : l’imprimerie.
L’histoire, qu’elle soit enseignée par des prêtres ou par des laïques, n’est qu’un tissu de mensonges. C’est ce que Michelet a compris quand il a dit : « L’Histoire tombera et se brisera en atomes dans le courant du XXe siècle, dévorée jusque dans ses fondements par ceux qui rédigent ses annales. »
En voilà un exemple : Voici un faits sur lequel la légende de sainte Geneviève (422-512) jette une lumière inattendue.
Elle nous dit : « cinq ou six mois après la défaite d’Attila, Mérovée, roi des Francs (Saliens), vint assiéger Paris, encore au pouvoir des Romains. Le siège durait depuis quatre ans quand Mérovée s’en rendit maître. »
Alors, comment se fait-il que Geneviève régnait à Lutèce quand Attila s’en approcha et qu’elle y exerçait une autorité morale suffisante pour intervenir dans les faits de guerre et pour protéger la ville ? Et comment cette ville dans laquelle règne une femme gauloise est-elle assiégée par Mérovée, 3ème roi de France ?
C’est évidemment qu’il y avait séparation des pouvoirs : le spirituel (féminin) et le temporel (masculin).
C’est qu’il y avait deux Frances : celle des Saliens masculinistes, dont Mérovée est le petit roi et qui n’a qu’un tout petit territoire à l’Est, et celle des Ripuaires féministes, qui reconnaît le pouvoir spirituel et qui est allié à ceux qui occupent le reste de la Gaule, y compris Paris.
Voilà ce qui va nous expliquer l’histoire de France, qui ne sera qu’une lutte de sexes : les masculinistes et les féministes : l’une qui veut la Vérité et le Bien, l’autre qui veut l’erreur et le mal ; l’une qui va produire des persécuteurs, et l’autre des persécutés.
Les historiens masculins ne nous parleront jamais que des Francs Saliens (les masculinistes), ils tairont ce qui concerne les peuples féministes de la Gaule. Et toute cette primitive histoire de France ne sera que l’histoire du petit parti des révoltés saliens, affranchis de la morale, de la raison, du devoir et de la soumission au Droit divin de la Déesse-Mère, ce qui nous est révélé par cette phrase : « Qui t’a fait roi ? »
Il y a donc une autre histoire de France à faire, celle des peuples légitimes de la Gaule Celtique, vaincus, après de longues luttes, par les révoltés illégitimes.
Et cette histoire fut si glorieuse que, malgré tous les efforts faits pour la cacher, nous trouvons encore assez de documents pour la reconstituer.
Lien


Voir ce commentaire dans son contexte





Palmarès