@perlseb
"Globalement, si un chercheur résout un problème de math, tout le monde l’applaudira pour sa démonstration, surtout si elle est novatrice. Si on apprend que c’est une machine, ce n’est pas de l’intelligence..."
Si un homme court à 60 km/h tout le monde va aussi l’applaudir, alors que si c’est une machine, ce ne sera pas considéré comme un exploit remarquable. Il existe des êtres humains capables de prouesses cérébrales surprenantes, notamment dans le domaine de la vitesse de calcul et de la mémorisation, mais on ne peut pas en déduire pour autant qu’ils sont plus intelligents que la moyenne des autres. Car l’intelligence logique et mathématique excelle dans les formules abstraites mais elle est très peu efficace dans de nombreux autres domaines. C’est une toute petite partie de l’intelligence globale. Certains de ces surdoués spécialisés peuvent d’ailleurs être incapables de nouer leurs lacets de chaussure ou d’entretenir des relations sociales minimales avec leur entourage.
L’intelligence est une propriété complexe du vivant qui est difficile à estimer avec précision parce que ce n’est ni seulement quantitatif ni seulement linéaire : on ne peut pas la mesurer comme on mesure la température locale avec un thermomètre.
En dehors du vivant, si l’on veut rester sérieux, on parle plutôt qu’efficacité que d’intelligence. C’est pour des raisons publicitaires et de spéculation financière que le terme d’IA désignant initialement un domaine de recherche (la simulation de l’intelligence humaine) a fini par désigner des systèmes de services en ligne. Il est raisonnable de parler d’intelligence à propos de perroquets, de plantes ou de moisissures, ou même simplement à propos de tous les processus biologiques, bref de la nature. Cela dit, personne ne vous en voudra d’utiliser les mots d’une manière métaphorique ou poétique si cela vous plaît. Cela risque juste de vous embrouiller les idées.