@micnet
"Tout dépend de quoi on parle, s’il s’agit de vérifier "certaines affirmations de fait" du genre "les chambres à gaz ont-elles existé ?" alors si, la réponse est : vrai ou faux !"
Le fait de dire "vrai" ou de dire "faux" ne constitue pas une preuve. Les preuves historiques ne sont pas des conversations. Les conversations ne permettent d’exprimer que des opinions.
Par exemple, si nous discutions tous les deux, ici même, de l’existence des cygnes noirs, les preuves ne consisteraient pas à avoir une discussion avec des arguments d’autorité du style "Aristote ou 200 universitaires ont dit que...,", mais à montrer des photos et des vidéos, des enquêtes montrant que ce ne sont pas des montages, et surtout d’indiquer au public le moyen d’aller constater sur place si ces oiseaux sont réels ou imaginaires.
En fait, il faut arrêter de croire qu’on peut faire progresser la connaissance ou purger les mensonges avec des débats purement intellectuels. Les conversations permettent seulement — dans le meilleur des cas et seulement si on est très honnête — de s’améliorer dans le domaine de la dialectique. Mais on peut très bien avoir une excellente dialectique tout en étant déconnecté du réel, parce que des informations fausses peuvent parfois être bien ajustées entre elles et constituer une architecture mentale intrinsèquement cohérente.
Et il faut aussi apprendre à dire "Je ne sais pas" et à supporter psychologiquement le fait de vivre avec des jugements suspendus, plutôt que de combler systématiquement nos ignorances avec des croyances. À titre personnel, je vis très bien en reconnaissant que — pour le moment — je ne sais pas si la vitesse de la lumière est indépassable dans toutes les dimensions de l’univers ou du multivers.
Et pour revenir à votre "vrai ou faux", non. Sur les sujets abordés entre les deux intervenants, les questions abordées ne relève guère du oui radical ou du non absolu. Par exemple, Soral ne nie pas que des juifs ont été persécutés et massacrés au cours de l’histoire mais il dit que cela n’est pas sans rapport avec le comportement récurrent de certains d’entre eux, comportement qui est lui-même lié à leur culture et à leurs croyances communes. De son côté, par exemple, Guénolé dit lui aussi que le gouvernement israélien se comporte mal. Bref, il s’agit beaucoup de "plus ou moins" et pas uniquement de "oui ou non". Et même sur le fond, au sujet de "qui est ou n’est pas antisémite ou judéophobe", les catégories ne sont probablement pas aussi étanches qu’on le prétend par désir de simplification et de catégorisation. On peut même trouver des juifs qui n’aiment pas le judaïsme, comme on peut trouver des gens qui n’aiment pas leur propre nationalité, leur propre couleur de peau, ou leur propre sexe.