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Éric Guéguen Éric Guéguen 14 juillet 2013 09:10

@ micnet, Heptistika, lloyd henreid :
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Le débat est intéressant et bien malin celui qui saura dire qui est vraiment dans le juste. Faisons, comme l’a dit micnet, le pari de se départir de toute idéologie. Charité bien ordonnée...
J’ai dit que j’étais pour la privatisation de la SNCF à condition que ce soit fait de manière monopolistique. Autrement dit, ce qui pose problème à mes yeux n’est pas en soi la privatisation de ce service, mais sa mise en concurrence ; deux choses qui sont, rappelons-le, décorrélables. Je dois dire à présent ce qui est, pour moi, pertinent chez les uns et les autres :
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Micnet a, selon moi, raison de dire que l’on ne peut pas affirmer que la privatisation engendrerait une détérioration des transports ferroviaires. Lloyd henreid, maintient que si rentabilité et qualité se trouvent être mises en concurrence, la seconde l’emportera haut la main, et je suis tout à fait d’accord avec ceci... à l’époque actuelle. Je veux dire qu’à partir du moment où un investisseur accepte de prendre en charge un tel merdier, il est bien évident qu’il espère en tirer un avantage, c’est totalement humain. Micnet répond que si la qualité n’est plus au rendez-vous, les clients iront voir ailleurs, mais à ce moment-là :
- cela signifie qu’il n’y a pas monopole, ce à quoi je ne souscris pas ;
- et, plus important encore : lorsque la qualité des téléphones portables d’une certaine marque se dégrade, les clients vont effectivement voir ailleurs, libre à cette marque de redorer son image par la suite. Mais si cela concerne un train sur des rails, la perte de qualité se fait directement ressentir par un accident possible, d’où des morts, et nous sommes tous d’accord pour dire qu’il n’est pas envisageable d’attendre l’advenue de ce genre de choses comme pierre de touche de la qualité !
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Cela dit, il y a une chose à ne pas oublier, et je parle ici en tant qu’usager quotidien des transports en commun parisiens : le service est déjà mauvais, très mauvais, chaotique, avec des pannes à répétition, des trains en panne, etc. Le vendredi il y a dix jours, j’ai pris le train à Massy-Palaiseau. Arrivé en gare de Longjumeau, la locomotive a émis de la fumée. Le train s’est donc arrêté, nous sommes tous descendus (Longjumeau est un trou, aucune correspondance). Et contrairement à un car en panne que l’on laisse au bord de la route, une loco en panne paralyse toute la ligne dans un sens, ce qui produit des déversements de passagers sur des moyens de locomotion connexes, un engorgement et des millions d’usagers qui passent le début de leur soirée au bord des rails.
Je veux dire par la que l’on ne peut pas éternellement excuser le manque totale de qualité des services délivrés par la SNCF en nous faisant miroiter l’enfer libéral anglo-saxon !!! Et si les moyens financiers ne sont pas étrangers à la résolution d’un tel problème, il me semble obscène, de nos jours, de demander ces moyens à l’État qui croule chaque jour davantage !
La qualité n’est pas au rendez-vous et je ne pense pas que la privatisation aille dans le sens d’une moindre qualité.
Parlons à présent de la sécurité, car nous pouvons aussi décoreller qualité et sécurité : la qualité concerne les machines et caténaires qui, lorsqu’elles tombent en panne, ne mettent pas en danger les usagers ; la sécurité est davantage impliquée s’agissant des voies ferrées. C’est donc le point dur du débat : est-ce qu’une entreprise privée peut être capable de gérer sérieusement le réseau ferré ? Est-ce qu’il est envisageable de laisser dans le giron de l’État RFF et de voir disparaître SNCF et RATP au profit exclusif de boîtes sur fonds privés ? Plus généralement,est-ce qu’une entité privée peut encore se soucier... de bien commun  ?...
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Et je finirais donc par une petite page d’histoire : Les Grecs avaient recours à ce qu’ils nommaient l’évergétisme, c’est-à-dire à l’entretient d’infrastructures publiques par de grandes fortunes qui vivaient cet investissement comme un marchepied vers la gloire, la gloire de participer à la prospérité de la cité. Autre temps, autres mœurs, certes, et nous avons bien du mal à admettre que cela ait pu exister. Pourquoi ? Parce que les Grecs avaient une idée bien plus conséquente que nous du "commun". La cité était organique - comme pourrait le redevenir la nation !!! - et le commun ne consistait pas seulement à rendre des services à des individus déliés et égoïstes. Autrement dit, le koinon n’était pas du social, c’était bien plus noble, cela fonctionnait grâce à l’esprit de corps, et l’humble pouvait y trouver autant son compte que le riche entrepreneur plaçant son appétence pour la gloire au dessus du prosaïque entretien d’un compte en banque.
Conclusion ? Ce débat est l’arbre qui cache la forêt. Tôt ou tard se fera sentir un vrai débat sur le commun, sur la remise en question de l’individualisme, sur les valeurs communes, leur hiérarchie et sur la place du tout-commercial. À suivre donc...




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