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Muslim 12 octobre 2013 00:09

Nier l’américanisation de la France ... mets-toi à niveau :

Qu’est-ce que l’américanisation ? Un phénomène d’acculturation idéologique conduit par les élites françaises — politiques, industriels et intellectuels — dans le contexte de l’après Seconde guerre mondiale. Exception faite de l’épisode gaulliste, ce processus d’acculturation n’a jamais été remis en question par les gouvernements qui se sont succédé à la tête de la France et a fait preuve d’une continuité remarquable. En cela l’américanisation peut être entendue comme le stigmate inconscient de la défaite idéologique de la République française, qui a cessé d’exister en 1940 et qui avait déjà été largement entamée par le traumatisme inouï de la Grande Guerre.

Le combat contre l’américanisation n’entretient par conséquent qu’un rapport extrêmement ténu avec l’anti-américanisme, l’américanisation étant avant tout le symptôme de la faiblesse française, de son incapacité à reconstruire et à véhiculer sa propre mythologie nationale après la Défaite, à l’exception des intermèdes gaullistes (dans la terminologie lacanienne on qualifierait de « forclusion » les phases de pouvoir du général de Gaulle). Ce mimétisme américanisant est si implacable qu’il en est devenu absolument prévisible : sachant qu’une initiative est prise aux États-Unis maintenant, elle sera adaptée au contexte français dans un laps de dix à quinze ans.

[...]

Sur le plan sociologique, l’américanisation s’assimile à un processus de réticulation et de fragmentation de l’idéologie unitaire de l’intérêt public en un conglomérat d’intérêts privés. Cette fragmentation a déjà signé la mort de la République en tant que mythologie. La liste des symptômes est longue et effarante car elle atteste l’ampleur de la défaite républicaine.

[...]

Autre signe manifeste d’américanisation, le déclin de la langue française au sein des collectivités territoriales, des administrations d’Etat et de l’armée, vient nourrir cette déchéance post-nationale. C’est désormais une forme abâtardie du français, le franglais, qui règne dans le langage médiatico-publicitaire (qui ne prend plus la peine de traduire les slogans anglo-saxons), voire au sein de l’Education nationale, quand l’apprentissage de l’anglais est institué priorité égale à celui du français. De ce point de vue, la hargne des Québécois à défendre leur héritage francophone devrait être pour nous un modèle de conduite.

De même que l’américanisation produit la Médiocratie, forme neutralisée et « politiquement correct » de la Démocratie, Médiocratie et globalisation relèvent d’une économie symbolique similaire : la globalisation est le vecteur d’expansion médiocratique de l’américanisation. La « médiocratie globalitaire », voilà l’eschatologie promise par le sarkozysme.




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