Dire que l’aérotrain aurait moins besoin d’un terrain plat que le TGV me semble légèrement exagéré... L’Aérotrain n’a pas de roues, faut-il le rappeler ? La piste d’essai de l’aréotrain se trouve dans la Beauce, au nord d’Orléans, ce n’est pas la montagne non plus... Cet argument est donc mauvais : ce qui empêche qu’un transport ultra-rapide fasse des changements de direction brusque, c’est son inertie. Vous connaissez l’inertie ? c’est la force "F = m.v²/r" que subit le passager lorsque son véhicule change de direction, v étant ici sa vitesse tangentielle, r étant le rayon du virage. Du fait de cette inertie, tout véhicule qui ferait à grande vitesse un virage serré, ferait valdinguer ses passagers, ce quelle que soit la technologie de propulsion de ce véhicule.
L’avantage qu’avait le TGV, c’est qu’il pouvait réutiliser les infrastructures préexistantes, contrairement à l’aérotrain. Donc la décision de faire le TGV plutôt que l’aérotrain obéissait aussi une certaine logique qui n’est pas nécessairement de l’ordre de la corruption. Maintenant, l’aérotrain aurait aussi eu sa place dans certains lieux, dans les aéroport, pour rejoindre des îles, dans certaines villes. Rien n’obligeait à ne pas développer le concept, et ce fut certainement une erreur que de ne pas le faire.
Pourquoi le TGV ne se vend-il pas ? Parce que c’est de la très grosse infrastructure, et il ne peut se vendre qu’à un État qui a de puissants moyens financiers, ce qui n’est pas la norme. La France, depuis la reconstruction après-guerre, s’est spécialisée dans l’industrie des grosses infrastructures civiles, mais ce n’est pas un marché très porteur actuellement.
Autre erreur : la SNCF est crée en 1938. Auparavant, le réseau ferré fait l’objet d’un ensemble de concessions à des opérateurs privés, qui disposent généralement du monopôle du transport ferré sur une région, à charge pour eux de développer le réseau. Par conséquent, je vois mal comment une loi communiste de 1934, où il n’y avait d’ailleurs pas de communistes au gouvernement, aurait pu interdire aux transporteurs routiers de relier des gares SNCF.