Socrate était certainement sensible à ce comment les gens étaient, en vertu et en intelligence, plutôt qu’à ce combien ils étaient, en nombre et en fortune. C’est clair que, pour Socrate, puisque la vérité préexiste à la cité, la loi de la cité doit s’y conformer, donc, pour ce faire, mieux vaut s’appuyer sur les plus capables, en vertu et en intelligence. Je dirais donc que Socrate a une tendance aristocratique plutôt qu’oligarchique.
N’oubliez pas que la démocratie athénienne est allée de crise en crise et que ses effondrements répétitifs furent dus à quelques désastres guerriers, la démocratie athénienne étant très belliciste. La tyrannie des trente, par exemple, est imposée par Sparte, suite à une défaite militaire.
Le tirage au sort n’avait certainement pas eu que des résultats heureux, et c’est aussi compréhensible que, dans ces conditions, la population elle-même dans son ensemble voulut s’en départir. Ainsi, au sujet des mesures prises par les trente tyrans, Aristote note que « ces actes faisaient plaisir aux citoyens qui croyaient que les Trente agissaient pour le bien de la cité ».
Que Critias ait fréquenté les cercles Socratiques, ce n’est guère étonnant : Athènes était petite. Qu’il fut mis au pouvoir pas Spartes avec les trente, c’est sûr. Mais de là à rendre responsable Socrate des supposées mauvaises actions de Critias une fois au pouvoir, c’est aller un peu vite...