Bien sûr il y a eu dans l’entourage de certains dignitaires du régime nazi des gens qui pratiquaient l’ésotérisme. Il y en avait aussi dans l’entourage du PS et de François Mitterrand, la question qui se pose est de savoir si ils ont eu une influence sur la politique menée, et laquelle.
On trouvait déjà ces indications sur les origines occultes du nazisme dans le
Matin des magiciens de Louis Pauwels et Jacques Bergier qui ont été, avec leur revue Planète, les promoteurs du
New Age en France.
Cela suppose d’admettre l’idée selon laquelle AH était une personne maléfique et perverse, portée vers le mal ou vers les excès. Or il semble que cela n’ait pas été le cas : il ne buvait pas, ne fumait pas, il était même végétarien, il n’était pas homosexuel, on ne lui connaît aucune perversion sexuelle, il était séducteur, mais plutôt fidèle à Éva Brown. Du point de vue religieux c’était un catholique tiède, peut-être devenu agnostique sans en faire un système, tolérant à l’égard du protestantisme et des autres religions, on ne lui connaît ni adhésion passionnée à une secte, ni haine fanatique à l’égard d’une religion (son combat contre les Juifs était motivé par des raisons politiques, économiques et culturelle, pas théologiques). Du point de vue de son art, sa peinture qui porte presque exclusivement sur des bâtiments anciens ou des paysages, est académique et conformiste, elle montre un bon sens de l’observation, des couleurs et des proportions, du réalisme et du pittoresque, mais aucun sens du symbolisme, de l’ésotérisme, ni même de la tragédie ou des passions, aucune noirceur, aucune démesure. Tout ça donne l’impression d’un homme plutôt fleur bleue. Ses choix artistique, notamment en matière d’architecture, montrent pour lui même beaucoup de simplicité, l’amour de la nature, et pour l’État une volonté de retour à l’architecture monumentale baroque, avec beaucoup d’emphase et de style pompier, ce qui était la tendance de l’époque comme le montre le palais de Chaillot. Dans Mein Kampf on ne voit pas de trace ou d’allusion à des thèmes esotériques, ni au surnaturel, ni à une quelconque élection divine (ou démoniaque), ni à une philosophie de l’histoire, comme c’est le cas par exemple chez Lénine dont le fond doctrinal est un messianisme sécularisé. Du point de vue de la science, de la technique, le IIIe Reich a eu des développements qui supposent des conceptions parfaitement rationnelles : les automobile, les avions, la chimie, les industries, aucune place pour des théories fumeuses comme celle de la terre creuse ou les forces occultes. Enfin, du point de vue politique, on a un programme qui est social et pragmatique : réduire le chômage, réduire l’inflation, favoriser la santé par la prévention, l’hygiène, le sport, les congés payés dans la nature (construction de stations balnéaires), aides à la construction de logements familiaux, etc.. On ne trouve pas du tout de thèmes eschatologiques, de rupture violente et de basculement dans un monde parfait, de grand soir, de violence purificatrice. Les grandes parades militarisées sont typiques de l’époque : avec la guerre de 14-18, la totalité des hommes a été militarisée. On les trouve déjà dans la Russie soviétique et dans l’Italie fasciste, leur source d’inspiration n’a rien d’ésotérique, c’est la Révolution française et son retour à l’antiquité romaine.
Donc, c’est bien joli de retrouver des mouvement ésotériques ou sataniques en Allemagne à l’époque de la naissance du "Parti socialiste national de ouvriers allemands", mais il y en avait des tas d’autres. Il ne suffit pas d’avoir existé pour avoir eu une influence marquante ou décisive. Pourquoi ce seraient les mouvements ésotériques plutôt que d’autres qui auraient alimenté la doctrine politique du IIIe Reich ? Il y a peut-être dans la doctrine et la politique du Reich des tendances ou des entreprises qui m’ont échappées.