Je serai ici plus radical qu’Etienne Chouard : le mot fascisme ne devrait JAMAIS être employé en dehors de son contexte historique italien du début du XXe siècle. On commet des erreurs à chaque fois qu’on essaie. En effet, il n’a aucune réelle signification universelle (contrairement au concept de totalitarisme) et c’est une erreur et une impasse que de chercher à lui en trouver une plus exacte dans d’interminables discussions byzantines. Par exemple, le fascisme a une importante et nécessaire composante esthétique et émotionnelle, qu’on ne retrouve presque jamais dans les orientations qu’on qualifie maladroitement aujourd’hui de "fascistes". L’abus de son usage est le fait des communistes qui adorent le dualisme et trouvèrent une manière rapide de nommer l’ennemi d’en face (tout non-communiste étant forcément "fasciste").
Ce mot ne permet PAS de penser l’oppression présente. "Totalitarisme", "régime autoritaire" ont encore du sens. Mais il faut sans doute à présent d’autres mots pour bien nommer le mal.
Il me semble en particulier que le problème actuel est moins celui de l’embrigadement massif (alors que c’était le cas dans le fascisme ou le nazisme) que la passivité des masses. Nous sommes immergés dans une propagande d’endormissement plutôt que d’enrôlement.