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Alerte : l’Europe prévoit le déploiement de troupes en Ukraine

 

 Les essentiels de cette actualité

  • Le 5 septembre à 7h, La Matinale de Nicolas Stoquer reçoit Marc-Gabriel Draghi, Stéphane Bonnard et Thierry Meyssan. Découvrez leurs analyses sur Géopolitique Profonde.
  • Les Européens s’engagent dans une logique d’occupation préventive en Ukraine, sous couvert de cessez-le-feu. Une stratégie de coercition qui inquiète.
  • Paris cherche à impliquer Washington dans son « dispositif de réassurance ». Une dépendance assumée face à la Russie, mais à quel prix ?

Le 5 septembre à 7h, Marc-Gabriel Draghi, Stéphane Bonnard et Thierry Meyssan sont les invités de La Matinale animée par Nicolas Stoquer, en direct sur Géopolitique Profonde.

Marc Gabriel Draghi est un juriste français spécialisé dans l’histoire du droit. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la question monétaire et l’histoire du capitalisme, dont « Le règne des marchands du temple », « Le grand reset en marche  ! » et « La Grande Narration : Vers la mort des Nations. » Il dénonce les dangers du projet du Forum économique mondial, qu’il considère comme une tentative de soumettre l’humanité à une élite mondialiste.

Stéphane Bonnard est un expert en géopolitique spécialiste de l’armement. Il a notamment servi au SGDN, Secrétariat Général à la Défense Nationale et anime une chaîne YouTube appelée « Réinformation sur le Monde. »

Thierry Meyssan est un écrivain et journaliste français, connu pour ses positions controversées sur les attentats du 11 septembre 2001. Président-fondateur du Réseau Voltaire, il a acquis une notoriété internationale avec la publication de “L’Effroyable Imposture”, ouvrage dans lequel il remet en question la version officielle des événements de 9/11.

Escalade assumée des Européens

Vingt-six capitales actent une présence « sur le sol, en mer ou dans les airs » pour verrouiller un cessez-le-feu en Ukraine. Le message ne laisse aucun doute : l’appareil politico-militaire européen s’installe dans la durée et bascule dans une logique d’occupation préventive, censée dissuader Moscou et encadrer Kiev. On parle de « réassurance », mais l’architecture proposée ressemble à un dispositif de coercition intégrale, terrestre, aérien, naval et cyber.

Les responsables jurent ne pas « faire la guerre à la Russie » tout en préparant des déploiements, des rotations, des bases d’appui et des règles d’engagement tenues secrètes. La scène parisienne du 4 septembre formalise cette bascule : l’Europe s’auto-mandate gardienne d’un ordre qu’elle n’a plus les moyens de financer seule, tout en promettant de nouvelles salves de sanctions si Moscou ne cède pas. Le récit est policé, la finalité est guerrière. L’Union transforme un front gelé en protectorate sécuritaire piloté depuis l’Ouest, avec l’espoir risqué que l’autre camp s’y résigne.

Dans cette dynamique, quelques nuances nationales servent d’alibi à la prudence sans changer la trajectoire. Certains gouvernements excluent l’envoi de troupes combattantes, mais s’alignent sur la mise à disposition d’infrastructures, d’instructeurs, de moyens de surveillance et de capacités de défense aérienne. Cette granularité d’engagement nourrit l’illusion d’un éventail « à la carte », alors que le socle est commun : installer une présence occidentale au cœur du théâtre, fût-ce sous bannière « cessez-le-feu ».

L’Italie démontre cette ligne en réaffirmant son indisponibilité à déployer des soldats sur le territoire ukrainien tout en soutenant la mécanique de garanties, de formation et de surveillance hors zone. Le résultat est clair : une coalition hétérogène en vitrine, un continuum stratégique en coulisses, et une opacité assumée sur la planification afin de « ne pas se découvrir ». Cette opacité confirme la préparation d’un rapport de force dur, pas d’une désescalade.

Paris veut arrimer Washington à sa croisade

L’objectif politique prioritaire n’est pas camouflé : obtenir l’aval américain et, mieux, l’implication matérielle des États-Unis dans l’architecture des garanties. Les Européens présentent un dispositif « prêt » et réclament le soutien américain, financier, militaire et symbolique. Les échanges de haut niveau avec Washington s’enchaînent pour verrouiller un message de soutien, même si la Maison-Blanche évite toute promesse de troupes au sol.

La manœuvre vise à neutraliser l’imprévisibilité américaine par le fait accompli européen, puis à exiger la consolidation par l’allié indispensable. Ce bras de fer diplomatique révèle une vérité stratégique : sans l’Amérique, la « force de réassurance » reste un édifice fragile. La pression mise sur les sanctions économiques et la logistique commune confirme cette dépendance assumée, rebaptisée « convergence transatlantique ».

Cette quête d’arrimage transforme aussi la communication du camp occidental. Le discours sur la « paix » sert d’emballage à une montée en puissance qui ne dit pas son nom. On répète que les déploiements ne visent pas l’escalade, tout en élargissant le spectre des moyens et en verrouillant la discrétion opérationnelle. Le pari consiste à afficher une résolution implacable, forcer Moscou à négocier sous contrainte et présenter à l’opinion américaine un cadre « stabilisateur » compatible avec ses lignes rouges.

La séquence parisienne annonce des régimes d’assistance intégrés, des missiles longue portée supplémentaires, des créneaux aériens de sûreté et des dispositifs de contrôle sur les corridors critiques. Cette addition d’éléments présentés comme défensifs produit une architecture globalement offensive dans ses effets, puisqu’elle fixe une présence occidentale durable au voisinage direct de la Russie.

Opacité stratégique et impasse des moyens

Refuser de divulguer la planification est présenté comme une nécessité tactique. En réalité, ce silence signale surtout l’inconfort d’une posture périlleuse : promettre une « réassurance » crédible sans basculer dans la cobelligérance. Plus la communication martèle la prudence, plus le dispositif requis suppose des chaînes logistiques lourdes, des règles d’engagement robustes et des capacités de riposte immédiate en cas d’incident.

Les Européens s’exposent à une contradiction fondamentale : prétendre garantir une paix incertaine en installant un échafaudage militaire qui, au moindre dérapage, les placerait face à l’escalade. Cette mécanique n’offre pas d’issue politique autonome. Elle suppose des ressources qu’aucune capitale ne souhaite assumer seule, d’où la centralité du soutien américain et l’insistance sur des sanctions toujours plus extraterritoriales.

Pendant ce temps, Kiev demeure arrimée à un flux financier et matériel continu, devenu système en soi. Les énormes transferts d’armement et d’argent créent des incitations perverses, renforcent des réseaux d’intérêts et cimentent un statu quo où la paix n’apporte pas de bénéfices immédiats comparables aux budgets de guerre. La coalition prétend superviser, former, surveiller et sanctionner, mais elle ne crée pas les conditions d’un règlement stable.

Elle organise une tutelle sécuritaire coûteuse, sans garanties de désescalade. En verrouillant un cessez-le-feu sous perfusion militaire, elle fabrique un protectorate inflammable qui dépend de la crédibilité d’une menace nucléaire en arrière-plan, menace que personne n’a la volonté ni les moyens d’assumer jusqu’au bout. La stratégie affiche de la fermeté, elle institutionnalise surtout une impasse dangereuse pour tout le continent.

 

IMPORTANT - À lire

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Tags : Europe Russie Ukraine Emmanuel Macron






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