Très intéressant. On peut se rassurer en se disant que l’IA est nulle et que son métier ne sera jamais remplacé, elle permettra éventuellement d’augmenter sa productivité. Et le cas des mathématiciens est comme un cheveu sur la soupe de ce discours.
Non seulement, les travaux prévisionnels de recherche (pour une vie : justification de demandes de fonds en fonction d’une liste de problèmes qu’on décide d’étudier, ...) viennent d’être annihilés en une journée (dans son cas : tous ses problèmes), mais en plus, rien que pour vérifier la résolution de tous les problèmes sur lesquels il est cité (pas l’ensemble plus gros de ceux sur lesquels il pensait travailler), il a autant de pages à lire (3500) que tout ce qu’il a déjà publié dans sa vie.
Et on voit le mépris profond des entreprises qui font avancer l’IA pour les mathématiciens : on s’en fout des problèmes existentiels que ça pourra causer aux mathématiciens, on va faire avancer les sciences bien plus rapidement que ces gros nazes. Sauf qu’il faut bien généraliser ce mépris à TOUS les métiers. Demain, c’est vous. Les mathématiciens ne sont pas les plus idiots des professions cognitives. Et quand les robots seront conçus par l’IA elle-même, qu’en sera-t-il de tous les métiers manuels ?
Et ça ne s’arrête pas là : ils iront encore plus vite à résoudre des problèmes et les mathématiciens n’auront plus assez de temps pour les vérifier, contrôler. Et l’autre étape (l’an prochain ?), les résolutions de l’IA ne pourront plus être vérifiées par les humains (trop complexes, trop long pour une vie d’humain : s’il faut 100.000 pages pour une démonstration qui fait appel à des domaines très différents que personne ne possède en même temps...), même avec la meilleure volonté des équipes.
Je ne sais pas si l’IA décidera elle-même de ses problèmes ou inventera d’autres théories, mais si c’est le seul métier qui reste à l’homme, alors nous sommes à 99,99% tous potentiellement inutiles.
L’IA n’est pas un outil comme les autres. C’est le dernier, celui qui rend l’homme obsolète (soit à 99,99%, soit à 100% si l’IA se révèle avoir autant de créativité et d’inventivité, sinon plus, que l’homme).