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La nouvelle tour de la BCE a coûté 1,3 milliard d’euros.
Mercredi 18 mars 2015 :
A Francfort, la BCE claquemurée face à une foule d’activistes.
La BCE, qui travaille déjà dans ses nouveaux locaux depuis fin novembre, avait à l’origine prévu de faire les choses en grand pour fêter l’inauguration de la nouvelle tour. Histoire de marquer le coup, alors que la construction du bâtiment a mis huit ans et coûté 1,3 milliard d’euros, pour permettre à l’institution la plus puissante de la zone euro d’opérer dans ses propres locaux.
Mais les gardiens de l’euro ont dû revoir leur plan face à la détermination des manifestants à tout faire pour vouloir gâcher la fête. Résultat, une cérémonie réduite au strict minimum sera tenue en présence de Mario Draghi, le président de la BCE, l’ensemble des gouverneurs de banques centrales de l’Union Européenne, faisant office de représentants de leurs nations, également l’ancien président de la BCE, Jean-Claude Trichet, le maire de Francfort et le ministre de l’économie du Land de Hesse.
Seule une poignée de journalistes a été invitée à se joindre au pince-fesses : des grandes agences de presse et une équipe de la télévision locale. La plupart des autres journalistes doivent ainsi rester dehors.
Chaque siècle a sa forteresse.
Chaque siècle a sa Bastille.
Le XVIIIe siècle a eu la forteresse de la Bastille, à Paris. Le 14 juillet 1789, la foule en colère a pris d’assaut la forteresse de la Bastille. Elle l’a détruite. Aujourd’hui, il n’en reste rien.
Le XXIe siècle aura la tour de la BCE, à Francfort. La foule en colère prendra d’assaut la tour de la BCE. Elle la détruira. Il n’en restera rien.
Dans l’Union Européenne, les élections en France, les élections en Espagne, les élections en Grèce, etc, ça ne sert plus à rien.
Dans l’Union Européenne, les élections ne servent plus à rien, puisque les nations sont prisonnières des traités européens.
Les élections ne servent plus à rien, puisqu’il n’y a pas d’autre politique possible.
TINA !
There Is No Alternative !
(TINA, c’était le surnom de Margaret Thatcher.)
La construction européenne est anti-sociale.
La construction européenne est anti-populaire.
La construction européenne est anti-démocratique.
Elle doit être détruite.
Mercredi 4 mars 2015 :
Grèce : Tsipras devra expliquer qu’il ne pourra pas tenir toutes ses promesses.
Le président de la Commission
européenne, Jean-Claude Juncker, estime que le Premier ministre grec
va devoir expliquer que certaines de ses promesses électorales ne
seront pas tenues, les élections ne changeant pas les traités, dans
un entretien mercredi au journal El Pais.
« Alexis Tsipras a fait un pas fondamental : il a commencé à assumer ses responsabilités. Mais il a un problème : il doit encore expliquer que certaines des promesses avec lesquelles il a remporté les élections ne seront pas tenues, déclare-t-il. Les élections ne changent pas les traités. »
« Il a posé les bonnes questions, poursuit M. Juncker. Mais n’a jamais donné de réponses. Or, concernant la Grèce et son programme, il y a 19 opinions publiques qui comptent, dans la zone euro. Les élections ne changent pas les traités : il est clair que l’on peut envisager la crise grecque d’une autre manière. On peut faire preuve de davantage de flexibilité, mais la victoire de Tsipras n’ouvre pas le droit à tout changer. »
Evoquant le parti grec Syriza, mais aussi son allié espagnol Podemos, M. Juncker estime que « ce type de nouveau parti analyse souvent la situation de manière réaliste en soulignant avec précision les énormes défis sociaux. Mais s’ils emportent les élections ils sont incapables de tenir leurs promesses, de transformer leurs programmes en réalité. Les propositions de ces partis ne sont pas compatibles avec les règles européennes : elles conduiraient à une situation de blocage total. »
Les traîtres.
En France, il y a toujours eu des traîtres.
Durant la Guerre des Gaules, la plupart des tribus gauloises ont résisté aux envahisseurs romains. La plupart des tribus gauloises ont rejoint Vercingétorix. Elles ont choisi la Résistance.
Mais quelques tribus gauloises n’ont pas choisi de défendre la Gaule. Elles ont pris parti pour les envahisseurs romains. Elles ont choisi la Collaboration. Exemple : la tribu des Rèmes. Autre exemple : la tribu des Lingons.
A propos des citoyens français qui trahissent la France, lisez ce dialogue entre Charles de Gaulle et Alain Peyrefitte :
Général de Gaulle : On ne peut pas laisser gouverner les partis. Les partis sont anti-France, automatiquement.
Alain Peyrefitte : C’est antérieur ! Condé [passé au service de l’Espagne en 1652], c’était avant les partis !
Général de Gaulle : Bien sûr. Condé s’alliait avec l’étranger. La Ligue allait chercher les Espagnols. Les protestants allaient chercher l’Empire. Les Vendéens allaient chercher les Anglais. Et du temps de Vercingétorix, des tribus gauloises trahissaient déjà au profit de César. C’est un vice national.
Alain Peyrefitte, C’était de Gaulle, tome 2, Fayard, page 194.
En janvier 2015, ça continue.
En janvier 2015, il y a des milliers de traîtres en France.
Tous ces traîtres forment une Cinquième colonne.
- Deux citoyens français, Chérif Kouachi et Saïd Kouachi, ont dit qu’ils étaient envoyés par Al Qaïda au Yémen.
- Un autre citoyen français, Amedy Coulibaly, s’est revendiqué de Daech (= l’Etat islamique en Irak et au Levant).
- Deux autres citoyens français, Mehdi Belhoucine et Mohamed Belhoucine, viennent de rejoindre les rangs de Daech en Syrie. ILS ETAIENT ANIMATEURS JEUNESSE AVEC LES ENFANTS DES ECOLES D’AULNAY-SOUS-BOIS !
Oui, il existe une Cinquième colonne, ici, chez nous.
Les traîtres sont parmi nous.
Oui, mais ça fait 5000 ans que les religions foutent la merde.
Et aujourd’hui, les religions continuent à foutre la merde.
Et dans 5000 ans, les religions continueront à foutre la merde.
L’économiste Bernard Maris a écrit le texte suivant. Ce texte a été publié dans Charlie Hebdo, mercredi 7 janvier 2015, page 13, … le jour de l’assassinat de Bernard Maris.
La conversion de Michel.
Hollande achève deux mandats catastrophiques. Le parti de la Fraternité musulmane émerge, côte à côte avec le PS, et le FN va l’emporter. Le PS fait alliance avec la Fraternité musulmane, l’UDI et l’UMP pour faire barrage au FN. Mohamed Ben Abbes devient président de la République, et Bayrou Premier ministre. Mais le PS abandonne à la Fraternité musulmane le ministère qui lui revient de droit, l’Education nationale. Ben Abbes propose une charia modérée, doucement réactionnaire, avec un retour à la famille et à la femme au foyer, et une privatisation de l’enseignement qui convient tout à fait à tout le monde.
Il offre aussi une incroyable vision d’avenir : l’Empire romain ! Le limes, de la Bretagne au désert du Sahara, en passant par l’Italie, la Turquie, la Grèce et l’Espagne. Ben Abbes en Auguste ou Marc Aurèle (en futur président d’une Europe élargie à la mare nostrum). En France, le chômage s’effondre, la violence aussi. Les catholiques sont choyés. On attend paisiblement les conversions. Elles arrivent, et d’abord dans l’Université, particulièrement arrosée en termes d’argent … et où la polygamie se développe. Sous l’impulsion de Ben Abbes, les pays arabes francophones plus l’Egypte et le Liban adhèrent à l’Europe, et l’équilibre linguistique européen se déplace en faveur de la France. La France est à nouveau grande. La nouvelle Pax Romana règne. Fin de la fable.
C’est un pur chef-d’oeuvre houellebecquien, c’est-à-dire :
1) une projection futuriste extraordinaire et crédible, comme dans tous les romans précédents. Elle est doublée d’une question politique majeure : l’identité, la patrie, la nation (« née à Valmy, morte à Verdun ») peuvent-elles exister sans transcendance ? Non. Il faut la Vierge pour Péguy, l’Etre suprême pour Robespierre, ou Dieu pour Ben Abbes, qui veut redonner à la France l’âme qu’elle eut pendant mille deux cents ans, de Clovis aux Lumières.
2) Un personnage principal détruit, désemparé, dépressif, malheureux en amour par son incapacité à retenir une femme, mais qui renaît dans le pari d’une conversion raisonnée, une conversion pascalienne, associée à un mariage de raison. Car, thème éternel houellebecquien, tout homme peut être sauvé par l’amour (ainsi, le père du héros). Le nôtre, trop égoïste, trop occidental et bien incapable de trouver l’amour par lui-même, le croisera par des marieuses. La polygamie lui fournira les jeunettes pour le sexe et la quadra pour la cuisine.
3) Enfin, un style désormais parfait, de nombreuses digressions philosophiques – comme toujours – et un humour digne du maître omniprésent dans le roman (Huysmans ; on comprend a posteriori où Houellebecq a puisé son style et son humour).
Et la misogynie, le machisme ? Aucune importance, c’est un roman, pas plus machiste que Bel-Ami, plutôt moins. Et la raillerie implicite de l’islam ? Elle n’existe pas. « L’islam accepte le monde tel quel » : toute la différence avec le catholicisme, qui ne peut qu’engendrer frustration perpétuelle. Encore un magnifique roman. Encore un coup de maître.
Bernard Maris.
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