Excellente citation d’Orwell, à laquelle j’ajouterai pour la parfaire, celle de Rousseau : "La plus aveugle obéissance est la seule vertu qui reste aux esclaves."
Quand ce genre de livre paraît, les cannibales doivent bien rire autour de la piscine, entourés d’une armée de salopes, de cocktails et de petits fours. Les cannibales ont l’argent, les avocats, et la protection. Ils sont à l’abri de tout, en parfaite sécurité. Cannibales ils sont, cannibales ils resteront, car le système le leur permet, le monde le leur permet. On nous raconte toutes les horreurs qu’ils provoquent, on s’indigne, oh là là, mais c’est pas normal tout ça, et puis on s’en va faire ses courses. C’est comme si on voyait un pauvre type se faire battre par la fenêtre, et qu’on se disait oh là là, ce qu’il prend ! avant de refermer les volets sans rien faire d’autre. Les cannibales savent qu’on sait tout ça, et constatent que malgré tout personne ne bouge. Ils n’ont pas fini de mettre en pièce l’humanité et de causer la ruine. C’est le système libéral qui le permet, c’est comme ça. Et je me sens impuissant face à ça.
Quand vous pigerez que sa spécialité (que je déplore aussi parfois) est une réponse à la spécialité d’en face, spécialité dominante et terroriste, qui consiste à jeter l’anathème sur quiconque s’oppose au système en le traitant très gravement de nazi ou d’antisémite, sans mesurer un seul instant à quel point cette putain d’accusation au potentiel dangereux peut contenir d’hystérie et d’irrationalité, vous pourrez enfin tirer la chasse sur l’énorme étron qui bouche le tuyaux de votre compréhension empuantie des choses.