Et l’histoire le prouve : dans l’hypothèse (peu probable, mais néanmoins envisageable) où Le Pen est au deuxième tour, on assistera immédiatement à une immense alliance contre-nature réunissant l’électorat de tous les candidats, de Poutou jusqu’à Sarkozy, pour empêcher Le Pen d’accéder à la présidence... et ainsi, introniser une nouvelle fois un valet de l’oligarchie mondialiste et de l’Europe soviétisante (c’est un peu redondant, je vous l’accorde).
Alors dites-moi, 65beve, malgré la haine que vous portez à Le Pen, où sont vraiment les fachos dont vous parlez, dans l’histoire ? Je ne souhaite pas spécialement voir Le Pen accéder à l’Élysée, mais je ne peux m’empêcher de me poser la question : c’est ÇA, la démocratie française ?
Tout est soluble dans l’argent et le pouvoir, même les plus ardentes convictions politiques. Mélenchon a refusé d’exclure d’appeler à voter PS au deuxième tour, ce qui est quand même cocasse pour un anti-mondialiste ; de là à ce qu’Hollande lui propose un strapontin en échange de 10% de voix supplémentaires au deuxième tour, il n’y a pas même une marche...
Finalement, personne n’est sorti grandi de ce débat. Les frontistes vont continuer à défendre une MLP affaiblie (qui, si elle a eu raison de dénoncer la propension à l’insulte facile de Mélenchon, eu tort de catégoriquement refuser tout débat avec lui), tandis que les FDGistes sont ce matin dans une transe mystique aveugle devant les vociférations et les convulsions de leur candidat, pour qui la lutte anti-FN est devenue une obsession et le nerf de la guerre de sa campagne présidentielle (ce qui l’élève grosso modo au même niveau que le SCALP, à l’époque...).
Quant au service public ultra-partisan et à ses soi-disant "journalistes", il sombre au niveau de la campagne de caniveau qui oppose l’UMP, le PS, le FDG et le FN, alors que d’autres candidats sont purement et simplement laissés sur la touche.
Une soirée bien sombre pour la démocratie, mais ô combien révélatrice de l’état de déliquescence de la 5ème république.