entre la gauche de mélenchon et la droite , y’ a rien qui diffère ?
qu’est-ce que tu veux que je te répondes ? si ça te va comme ça , pas moi .
sur ce , pour ce qui est de la chasse aux sorcières du FN , c’est pas ma préoccupation quotidienne .
mais je crois que je perds mon temps à bloguer politique .
qu’est-ce qu’on fous là ?
chacun laisse son p’tit com’ qui ne sert à rien , à part à discutailler et passer le temps .
et j’ai autre chose à faire dans la vie que de parler politique . déjà que je ne vote pas , j’vais pas m’emmerder avec des gens qui de toute façon me considèrent comme un mouton , un crétin ou un idiot utile , sans jamais m’avoir vu .
toi, ton point de vue , c’est qu’il n’ y a plus de clivage droite gauche .
et moi je maintiens que c’est une belle escroquerie que de faire croire ça .
le problème , c’est que les gens ont perdus leurs idéaux ; à partir de là, tu peux leur faire gober n’importe quoi .
j’ai un vécu qui me permet de dire que vous faites fausse route , c’est pas une question que je suive tel ou tel troupeau : quand on connait ma vie , c’est ridicule de penser que je suis inculte ou que je suis un mouton .
Enfin, on terminera en rappelant qu’en dépit des apparences, Michel Drucker est loin d’être un censeur. Il a toujours accordé asile cathodique aux réprouvés des régimes politiques français. Il a systématiquement offert quelques minutes d’antenne à Bedos lorsque celui-ci était black-listé chez les giscardiens, de même qu’à Le Luron quand celui-ci était mal vu par les socialistes. Idem pour Mélenchon récemment : alors que toute la corporation des journalistes de télé s’indignait des propos de Méluche, Drucker a offert sans tarder, un dimanche après-midi d’antenne au réprouvé. Si ça n’est pas de la provoc’, qu’est-ce ?
Le débat initié habilement par Marine Le Pen n’a pas de raison d’être, sauf à tenter de faire croire, comme papa, que le FN est la victime d’un complot médiatique, ce qui est faux. C’est même un sale procès qu’elle monte contre l’animateur. Contrairement à ce qu’elle tente de faire croire, ralliant au passage des éditorialistes naïfs, qu’elle soit ou non conviée chez Drucker ne changera rien à ses résultats électoraux. De même que si elle y était conviée d’ailleurs. Répétons-le encore une fois : les succès ou revers du FN depuis 25 ans ne sont pas imputables à la télévision ou aux manipulations des socialistes : les premiers et seuls responsables sont les électeurs du FN. Ni plus, ni moins.
Et de trois, parce que au-delà même des considérations juridico-politiques, l’émission de Drucker, intimiste, chaleureuse, bon enfant, nécessite de la part de son animateur un minimum d’empathie vis-à-vis de la personne invitée. De ce point de vue, l’émission avec Mélenchon en offrait un bon exemple. Drucker ne votera peut être pas pour le leader du Front de gauche, mais il était manifeste que ce dernier suscitait chez lui une curiosité empathique assez amusée, bien loin des anathèmes jetés par Arlette Chabot ou Laurence Ferrari par exemple, qui sont plus promptes à dégainer contre Mélenchon que contre Marine Le Pen. A chacun sa hiérarchie des priorités.
Dans ce contexte, Drucker a bien le droit d’avoir des préférences. On imagine mal un Vivement dimanche avec Marine Le Pen se déroulant dans une ambiance de plomb. Comme le disait un grand humoriste : "On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui". Il suffit de lire le dernier livre de Michel Drucker pour comprendre sa situation par rapport à la réprésentante d’un parti qui n’a jamais désavoué les propos du leader de ce même parti sur certains sujets. On se comprend.
Et de deux, parce que les règles de l’équilibre politique dans la gestion des invités politiques hors les émissions d’information doivent s’apprécier globalement, dans le cadre général des émissions d’une chaine. En l’espèce, Michel Drucker n’a pas d’obligation personnelle et particulière vis-à-vis de Marine Le Pen (pas plus que Ruquier d’ailleurs). L’obligation incombe àFrance 2 dans son ensemble. Si Drucker et Ruquier n’invitent pas Marine, un autre de leurs petits camarades devra se dévouer pour équilibrer globalement les choses. Du reste, Giesbert, bon prince, a déjà invité Marine Le Pen dans l’une de ses émissions.