Indiscutable ? Bravo la pensée unique. Commence par apprendre à ne pas
croire les yeux fermés ce qui est sur internet avant de donner des
leçons aux téléspectateurs et lecteurs de journaux. Quand on croit bêtement aux délires meyssianiques sur le 11 septembre on ferait mieux de pas trop la ramener, dans le genre ridicule on fait guère mieux.
Le gros problème avec les complotistes, c’est que quand il y aura effectivement des falseflag, plus personne n’y croira ou ne réagira. Ils participent ainsi à la stratégie contre-révolutionnaire visant à ce que la population ne puisse différencier les groupes révolutionnaires et les services spéciaux. Et de la part de Soral, ce n’est pas que de la bêtise, il invite des contre-révolutionnaires assumés dans ses conférences/vidéos, fait de la pub pour leurs bouquins.
Faudrait-il rappeler que pendant la guerre d’algérie, c’est l’OAS qui pratiquait les falseflag ? Dénonce-t-il ses petits copains nationalistes et pétainistes qui vantent encore aujourd’hui l’oas ? Dénonce-t-il le suicidé de notre-dame qui a monté ces réseaux ? Je n’aime pas de gaulle, mais même lui a finit par interdire ces pratiques et condamner ces théories et leurs instigateurs, au point d’être personnellement visé par des attentats. Parce que ce ne sont pas les états unis qui ont théorisés ces méthodes, mais l’angleterre et la france, pour mater les révoltes des colonisés. Ce n’est pas les états unis qui préparent la guerre civile en france, mais l’armée française elle même, forte de son expérience dans les guerres d’indépendance.
La télévision utilise aussi ces mécanismes psychologiques, et pas qu’à moitié.
Par exemple dans ce reportage, les gros plans serrés anxiogènes, que ce soit à l’intérieur du caddy, ou en zoomant sur une caméra, sur une étiquette, sur les yeux, sur les pieds (!), ou sans montrer les visages, procédé répété à foison tout au long de la vidéo. De même les nombreuses musiques oppressantes, dans le genre inquiétant voir paranormal, dès qu’il est question de psychologie, de neurologie, de manipulation. Les réactions du spectateurs sont ainsi conditionnées, ne jouant plus sur sa raison mais sur ses émotions, apeuré par les "révélations" avant même de les entendre. En revanche quand un expert (ou assimilé, j’appelle pas la gérante d’une petite boutique une pro du marketing ou une scientifique) parle, il n’y a plus de musique ou bruitage, pas de mouvement de caméra ni de succession de plans, donnant une aura de grand savoir à l’expert, alors qu’au final son intervention se limite à une phrase ou deux maximum, du prêt à penser au lieu d’un raisonnement. Le choix d’une voix off est aussi révélateur, sans visage, avec une voix de femme, posée, sérieuse et assurée, un peu dur, comme une personne extérieur et sage dont on avale confiammant les paroles sans distanciation.
Tout cela jusqu’aux dernières minutes de la vidéo, présentant un commerçant "éthique", où les quelques maigres critiques qui lui sont faites passent à la trappe grâce à une nouvelle ambiance sonore bien plus légère, heureuse et entrainante, où la voix devient joviale, les plans beaucoup moins serrés et enchainés, dans un cadre plus lumineux et serein. Même le début de cette séquence diffère du reste de la vidéo, avec des images ensoleillées, de verdure, de mer, pour présenter la ville (alors que la précédente présentation se faisaient de nuit et montrait du bitume, des murs et des voitures). Au final le documentaire cherche juste à diriger le téléspectateur vers des industries et produits pseudo-écolo-humanistes, vers des spécialistes du green-washing au discours évangélique, qui utilisent les mêmes techniques marketing (don’t buy this jacket, une publicité pour faire consommer les bobos qui veulent se démarquer de la publicité).
La vidéo se termine sur les justifications du communiquant de la boite en question (prix de l’impertinence journalistique avec la question "mais êtes vous vraiment sincère dans votre démarche ?"), et le slogan publicitaire : "appeler à acheter moins, c’est peut être ça la meilleur stratégie marketing" (faudrait surtout pas que les clients se mettent réellement à moins consommer...)