"c’est pas le but des koan des ne pas avoir de sens, exprès !?
peut-être que c’est un koan : mon idéal est de ne pas avoir d’idéal / je condamne universellement les universalismes / je tolère tout sauf (ou y compris) l’intolérance."
Le but d’un koan est de donner l’occasion d’atteindre le satori, qui est au-delà de la logique ; mais quand on dialogue raisonnablement sur un forum, il s’agit d’être logique et non de jouer à "Bouddha au-delà du mental". Quand les administrateurs du dojo se réunissent pour prendre des décisions pratiques, il ne communiquent pas avec des koan : ils font de la comptabilité, de la gestion, etc. Et quand Taisen Deshimaru donnait des explications philosophiques ou répondait à des questions, il était également d’une grande rigueur intellectuelle. En revanche, dans la la pratique zazen, le mental est mis en veilleuse. Bref, il faut pas tout confondre. De la même manière, on ne demandera pas à un poète de respecter le principe de non-contradiction car la poésie n’est pas de la dialectique philosophique. Mais on ne demandera pas non plus à un poète de construire un pont ou une centrale nucléaire.
@micnet "Si celui qu’on interroge répond qu’il n’est pas favorable au génie génétique, il ne pourra alors que répondre également non à l’expérimentation des OGM. Dans ce cas de figure, on peut donc parfaitement répondre aux deux questions en même temps. Et je pense être dans le même cas de figure concernant vos deux questions en début de commentaire."
Il n’empêche qu’il devra d’abord répondre aux deux questions séparément car elles ressortissent à des structures argumentatives différentes (de fait, de nombreuses personnes favorables à la recherche en génétique, y compris des spécialistes de cette discipline, sont hostiles à la culture des OGM à l’air libre.)
"qu’entendez-vous lorsque vous évoquez une "idéologie qui concernerait la communauté humaine dans son ensemble" ? Je pose cette question car je conteste précisément qu’une idéologie puisse concerner la communauté humaine tout entière. C’est même le coeur de mon refus de l’universalisme"
Plusieurs anthropologues considèrent que les êtres humains ont peut-être en commun, non pas évidemment une "idéologie" au sens du programme détaillé d’un parti politique, mais des noyaux idéologiques communs.
Par exemple l’un de ces noyaux est l’idée de justice, quelles que soient les formes variées que ce besoin fondamental "d’équilibre" (que symbolise plutôt bien la fameuse balance) puisse prendre selon le climat et les circonstances.
Le culte et le respect des morts est un autre noyau idéologique qui a de nombreuses déclinaisons et conséquences.
La notion de tabou (dont la pudeur est une forme privée) est également une base idéologique fondamentale.
Les anciens voyageurs ont d’ailleurs appris (souvent à leurs dépens) qu’il fallait être très prudents avec ces trois notions lors des premiers contacts avec des populations inconnues.
Si l’on prend une société comme la France, on peut constater que la justice, le rapport aux morts et le tabou façonnent considérablement non seulement le roman historique, mais la plupart des péripéties idéologiques politiciennes, du vase de Soissons au zizi de Benjamin Grivaux en passant par Jeanne d’arc.
Or, ces constantes anthropologiques permettent de tisser des parallèles entre des constructions idéologiques en apparence différentes (la France, le Japon, le Mexique, etc.) C’est un peu comme si le jeu de la vie était joué différemment par les peuples selon les caprices de la géographie mais avec les mêmes archétypes comme cartes à jouer.
@micnet "vous avez tort de croire qu’un avocat vous donnerait nécessairement raison car en droit, on juge plus "l’esprit que la lettre". Ainsi, cette formule sera jugée comme parfaitement cohérente et compréhensible au regard du message qu’elle veut apporter."
Je n’ai pas dit qu’un avocat me donnerait raison mais qu’un avocat ne vous sauverait pas. C’est le juge qui décide, pas l’avocat. Et je vous assure que la lettre à son importance ! Et devant un jury d’intellectuels, par exemple à un examen, votre formule ne passerait pas non plus. Mais surtout votre tendance à vouloir vous justifier finirait de vous achever. J’en ai connu des fortes têtes comme vous, mais je les ai brisées, sacrebleu !
Vous savez, quand j’essaie de vous expliquer quelque chose dans un élan de générosité, le pire qui puisse vous arriver est de perdre un peu de votre ignorance. Tenez-vous tant que ça à garder ce paquet intact ?