De toute façon, mathématiquement parlant, je ne crois pas qu’il soit possible que tout le monde puisse un jour participer à un gouvernement à l’échelle nationale (ou fédérale, ou internationale), mais ce que je veux dire, c’est que je ne veux pas que se forme une caste au sein de laquelle "les meilleurs" se cooptent pour participer à la chose publique, car cela reviendrait à une oligarchie.
Pour que réellement un individu lambda puisse devenir "un meilleur" (y a rien à faire, je n’aime pas ce mot, ni ce concept et ce qu’il engendre au niveau de la pensée), il faut une égalité économique, culturelle et politique. Sans cette égalité, les castes et les classes sociales se forment. C’est mécanique. Et ce mécanisme sociologique est un piège que nous devrions sérieusement prendre en compte.
Là, j’ai peur de mal comprendre (ou de trop bien comprendre). Pouvez-vous expliquez ce que vous entendez exactement par "celui qui monte doit être assuré de ne jamais descendre" ?
La réplique de machiavel confirme qu’il était nécessaire que je précise ma pensée. Sa réplique est arrivée presque en même temps que la mienne (ci-dessus) donc la réponse à sa remarque s’y trouve.
Pour être tout-à-fait sûr de me bien faire comprendre :
Les meilleurs n’ont pas vocation a rester les meilleurs.
Pour l’expliquer :
Le Maître véritable n’est pas celui qui a le plus de disciples, mais celui qui forme le plus de Maîtres.
L’enseignant véritable n’est pas celui qui a le plus de connaissances, mais celui qui amène le plus d’élèves à la connaissance.
Et le Dieu véritable n’est pas celui qui a le plus de serviteurs, mais celui qui sert le plus, faisant ainsi que les sujets ne soient plus des sujets et que tous connaissent un Dieu non pas inatteignable, mais inévitable, faisant ainsi des dieux de toutes les créatures.
Je ne suis pas opposé par principe à l’idée que nous pourrions avoir un intérêt commun à voir les meilleurs d’entre nous guider la chose publique, mais pas sans notre intervention.
Il me semble absolument essentiel :
1) De responsabiliser le grand nombre en le faisant participer, à un niveau ou l’autre du processus, à la chose publique.
2) De nous assurer que les meilleurs restent les meilleurs et qu’ils agissent uniquement pour l’intérêt commun.
3) De nous assurer que ne se forme pas une caste de "meilleurs", autrement-dit que le système, dans son ensemble, favorise réellement et encourage concrètement à ce que chacun, à un moment ou l’autre, puisse participer au groupe des meilleurs.
Donc : participation du grand nombre, contrôles permanents des meilleurs (pour qu’ils restent les meilleurs) et rotations des meilleurs.
Morpheus
PS : pour la citation chinoise et le mot vertu, pas la peine de couper les cheveux en quatre, il s’agit d’un terme gigogne, nous le savons pertinemment bien. Comme de nombreux proverbe, il n’a d’intérêt que comme support à méditation et peut s’interpréter de bien des façons (c’est la fonction d’un proverbe).