La vérité a une valeur d’exception à la télévision. Elle y est si rare ! Quand y on entend un discours vrai, on tend l’oreille. J’aime beaucoup l’anecdote de Mr Kout, plus haut.
Chouard n’a pas besoin de faire ceci ou de dire cela quand il passe à la télé, il n’a pas besoin de tactique. Il a la vérité pour lui. La sainte vérité. Et la vérité seule suffit à fédérer. Suffit à convaincre.
Elle est comme un électro-choc. Pour certains (les manipulateurs comme Attali) elle est scandaleuse et il faut immédiatement la combattre. Pour d’autres (le public) elle est une libération intellectuelle, morale et sociale.
La vérité est subversive. Elle n’a pas besoin de déguisements ou de publicitaires. Elle n’a pas besoin de se vendre. Ou de convaincre. Il suffit de la dire.
On critique beaucoup Taddei, je l’ai fait également. Mais je lui reconnais le mérite de laisser une place (petite) dans ses émissions à l’expression de la vérité.
Même les gauchistes savent que la gauche, c’est de la merde. Ils ont même été les premiers à le comprendre, vers 1983. Bien avant les gens (ou le peuple), qui, eux, ne l’ont compris que trente ans après. Il a fallu deux septennats mitterrandiens et l’élection de Hollande pour qu’ils ouvrent les yeux devant la mascarade.
Je note que Robin classe Soral à gauche. Il a à la fois tort et raison. Soral pioche un peu partout ce qu’il considère comme juste. Et c’est évidemment ce que l’on doit faire. Sortir des clichés (l’idéologie n’est qu’une suite d’idées reçues) et repenser le monde, humblement.
Toutes les pistes que révèle l’auteur sont justes. Même celles de la dépression. Ou d’un individualisme mal compris. Ou de la chronophobie.
Mais la vérité est, selon moi, à chercher dans l’organisation sociale absurde de nos sociétés modernes.
Quand l’individu se sent utile à la collectivité, il accomplit sa tâche, aussi difficile soit-elle. Mais quand le sens de son travail lui échappe, qu’il sent bien qu’il ne travaille pas pour le bien commun mais pour le bénéfice de quelques-uns, il n’a plus envie de le faire.
L’homme moderne se sait esclave. Il est prisonnier d’une chaîne. D’où son apathie et, finalement, sa démission. La procrastination est une sorte de renoncement.
Ce qu’il y avait de jouissif (pour le téléspectateur) dans Colombo, c’était de voir un homme du peuple s’introduire dans la haute société et y démêler le vrai du faux. Derrière les belles apparences, se cachent des crimes, beaucoup d’hypocrisie.
Même si, comme le souligne l’auteur de la video, on ne connaissait pas les suites judiciaires des enquêtes, on avait quand même un aperçu, pas vraiment ragoûtant, de la vie intime de ceux qui habitent les quartiers huppés.
Le message était peut-être : "Vous êtes pauvres mais honnêtes. Les riches ne sont pas honnêtes".