Longue interwiew de Monsieur M’Bala
M’Bala Dieudonné ... une sorte de manifeste, où il répond librement à
toutes les questions d’un journaliste.
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Des médias au gouvernement français, en passant par une partie de
l’opinion, on fustige ou nazifie « la quenelle »… Depuis plus de trois
mois, ce geste est reproduit dans toute la France par des citoyens de
tous âges et de toutes catégories sociales. Phénomène d’essence
subversive ou « bras d’honneur » revisité sur fond de crise et de
ravages socioéconomiques ? Manuel Valls et les médias mainstream ne
répondront pas à cette question.
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(Une petite précision s’impose : Si salut nazi inversé ... son
sens en serait également inversé - loi logique des symboles et des
signes )
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Obsédé par la loi non-écrite du « deux poids deux
mesures », le ministre de l’Intérieur français a choisit de s’illustrer
dans l’irrationnel en voulant interdire les spectacles de l’inventeur du
geste : Dieudonné M’Bala M’Bala. Humoriste antisioniste
franco-camerounais. Provocateur et diabolisé depuis dix ans par les
médias et la sphère politique francophones ; condamné en justice à
plusieurs reprises pour « antisémitisme et incitation à la haine
raciale » sur plaintes des associations pro-israéliennes ; illégalement
interdit de se produire en spectacle à Bruxelles. Depuis 2012, l’artiste
controversé, dont la popularité dérange le pouvoir, refuse toute
interview à la presse subventionnée. Hors la scène, il s’exprime via son site et ses vidéos dont deux ont été visionnées plus de deux millions de fois. En exclusivité, Dieudonné a accepté de répondre aux questions de FDC (Femmes De Chambre - Par Olivier Mukuna).
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FDC : Pensiez-vous que la quenelle prendrait, à la fois, la
tournure d’un phénomène populaire et serait désigné par les élites comme
un « salut nazi inversé » ?
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D. : Non, pas du tout. Au départ, en 2005, c’est un geste dans un
sketch… Puis, la définition a évolué (rires) … Glisser une petite
quenelle, c’est une sorte de bras d’honneur au système avec une
dimension, heu … dans le cul, quoi ; carotte dans le cul. Bon, on parle
d’une quenelle, donc c’est un peu mou, moins violent : le truc en
lui-même n’est pas très agressif. Puis, il y a une première évolution où
j’ai repris le geste durant la campagne de la liste antisioniste aux
élections européennes de 2009. Ce n’était pas un signe de ralliement des
antisionistes à ce moment-là, mais disons que c’était une virgule
supplémentaire dans cette démarche antisioniste. Et puis, selon moi, il y
a eu Romain … Je parle de ce jeune garçon de 17 ans atteint d’un cancer
qui nous a quitté, il y a un an. Selon moi, c’est lui qui a donné la
dimension qu’il fallait à ce geste de la quenelle. Avant de mourir,
Romain a été approché par l’association Make a wish (« Fais un
vœu », ndlr) censée réaliser le vœu d’enfants très malades. Romain leur a
demandé à pouvoir me rencontrer et l’association a refusé. La mère de
Romain a donc entrepris la démarche et j’ai rencontré son fils. Le peu
de temps où nous avons communiqué ensemble et partagé des moments
sur scène restent gravés dans mon esprit. Lorsqu’il a fait cette
quenelle devant le scanner de l’hôpital à l’adresse de l’Institution
médicale, pour moi, c’était vraiment le panache. Il a apporté à la
quenelle une dimension héroïque. Face à la mort et face à la peur, eh
bien : quenelle !
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FDC : Ce temps passé avec Romain intervient donc avant « la diffusion virale » de la quenelle, pour reprendre l’expression médicale des médias ?
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D. : Oui, tout à fait. A l’époque je l’expliquais déjà comme cela : de
mon esprit est sortie une expression et la meilleure définition que l’on
peut en donner, c’est celle qu’en a donné Romain.
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FDC : Dans le film « Est-il permis de débattre avec Dieudonné ? » (2009), vous espériez « une révolution » : s’en approche-t-on aujourd’hui ?
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D. : Oui, mais cette révolution ne viendra pas de ce système qui est
complètement fermé. Prenons simplement le vote électronique que vous
avez aussi en Belgique : il faut avoir une foi indestructible dans le
ministère de l’Intérieur pour croire en la démocratie, puisque c’est ce
ministère qui se charge du dépouillement virtuel. Cela n’a plus aucun
sens ! Il faudrait avoir confiance. Or, nous sommes dans une période de
doute absolu … Donc, cette histoire de vote électronique, il faut
arrêter ça et revenir au moins au dépouillement manuel. Pour que les
gens raccrochent un peu… Je pense que malheureusement ce n’est pas
l’objectif. L’objectif de ceux qui nous dirigent, c’est de tenir en
force ou peut-être ont-ils anticipé ce qui est train de se passer et
que, finalement, cette crise sert une sorte de « guerre civile » qui
leur profiterait ? En fait, la révolution, c’est Internet ! Lorsque Roger Cukierman (président du Conseil Représentatif des Institutions juives de France, ndlr) essaye de m’interdire de communiquer sur Internet,
on sent bien que c’est par là que ça se passe. C’est par la toile que
des millions de gens vont se rassembler et puis vont mener des actions
de résistance. La révolution ? Oui, on s’en rapproche… J’ignore si on
peut les qualifier de « révolutionnaires », mais on a vu qu’au départ
des printemps arabes, il y avait les réseaux sociaux. La France et
l’Europe n’échapperont pas à cette libération-là. En tout cas, j’y
crois !
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FDC : Dans le même film, vous estimiez que « les médias travaillent à leur propre disparition ». Vous persistez aujourd’hui ?
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D. : Oui, il n’étaient déjà pas en forme en 2009, mais alors
aujourd’hui … Je suis certainement un élément révélateur : il y a
quelques années mes vidéos postées sur Youtube faisaient 100.000 ou
200.000 vues ; aujourd’hui, on dépasse le million voire plus de deux
millions. En termes de visibilité, je dépasse donc certaines émissions
du service public. Ce qui est amusant d’ailleurs, car les responsables
de ces émissions viennent désormais me voir pour me proposer de faire
des choses (rire). Encore dernièrement, c’était Complément d’enquête
(France 2). Je leur ai répondu ceci : « Venez avec vos caméras et moi,
j’aurais les miennes. Vous me posez les questions que vous voulez ; moi,
je vous pose les questions que je veux et puis : chacun fait son
programme ! ». Évidemment, ils ont refusé. En conséquence, j’ai décliné
toute interview et leur ai interdit l’accès à mon théâtre. Mais les
responsables de ce média traditionnel ont quand même envoyé leurs
journalistes filmer mon spectacle en cachette. Ils se sont fait passer
pour des spectateurs, ont payé leur billet pour mieux voler des images
et les recéler. Donc, j’ai mis mes avocats
sur le coup et j’ai déposé plainte … Non seulement ces médias de
l’ancien système s’effondrent mais en plus, ils sont fiers de leurs
méthodes de voyous. Si je faisais la moitié du quart de ce que fait
France 2 en volant des images, j’aurais déjà le parquet de Paris sur le
dos !
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