Sniff, c’est beau, j’ai failli verser ma petite larmichette à cette évocation lyrique du service public de grand-papa...
La vérité, c’est qu’une bonne partie de vos potes du service public souhaitent ardemment la privatisation de la partie la moins rentable du réseau (TER, ligne régional) où se concentrent la plupart des difficultés et dont la SNCF veut abandonner la gestion à des opérateurs privés. La moitié du réseau régional est menacé de fermeture sous 10 ans en raison du délabrement avancé des voies ou de leur inutilisation.
La SCNF ne conservera que la gestion des lignes à grande vitesse, rentables et ouvertes sur le marché européen. Et ne croyez pas que vos copains syndiqués vont se battre contre cette évolution. Le moment venu ils feront comme ont fait leurs collègues de GDF, en négociant la maintien de tous leurs avantages statutaires (électricité gratuite, etc.) en échange de la privatisation.
L’argentin, un jour il faudra descendre de votre arbre idéologique. Je suis persuadé que la vue est belle mais vous devez comprendre que la France est gérée depuis 40 ans comme un syndic de copropriété entre les "grands patrons" (que l’on devrait appeler "grands cons" ou "grands incapables") et les syndicats-forteresse qui protègent leurs intérêts réciproques depuis la fin de la guerre. Ce que vous appelez encore pompeusement le "CNR".
Demandez-vous pourquoi les syndicats ne se sont jamais opposés à l’immigration de travail alors que le parti communiste s’y opposait dans les années 70. Demandez-vous pourquoi aucune de leur foutu grève "anticapitaliste" n’a jamais empêché la moindre délocalisation ou fermeture d’usine, au contraire... la France a perdu en 20 ans la moitié de ses emplois industriels.
Pourtant Coluche l’avait compris, vous devriez pouvoir le comprendre vous aussi ?