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Commentaire de Chitine

sur La Dépense publique : crée-t-on de la valeur en creusant des trous ?


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Chitine Chitine 13 janvier 2015 16:13

Robert,
Ce n’est pas ce que vous dites, non.
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Mais c’est ce qu’un discours critique de la gestion publique conduit comme raisonnement quand, d’une part, il omet de mettre les défauts de gestion en rapport avec la dépossession des leviers politiques dont devraient disposer toute collectivité justement souveraine de sa gestion publique, et quand d’autre part une autre partie de discours soutien (par ailleurs) la construction européenne telle qu’elle est, c’est-à-dire une aberration dévoyant une bonne idée pour en faire un rêve financier et un cauchemar social.
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Vous ne le soutenez pas de coeur, ce principe de privatisation, mais que vous le vouliez ou non, le raisonnement tronqué fonctionne pourtant dans ce sens-là. Car en soutenant par défaut les dépossessions et les dérégulations systématiques qu’organisent les traités européens, vous pointez le problème de la gestion publique tout en excluant contradictoirement toutes possibilités de solution.
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Il y a des défaut de gestion imputable aux incompétences d’acteurs. Mais ne vous êtes vous jamais dit que les problèmes de gestion publique s’originaient avant tout dans l’impuissance politique qu’organise l’intégration européenne ?

Cette incompétence de gestion que l’on veur essentiellement imputable aux acteurs est à observer urgemment comme un effet de structure, sans quoi les effets de toutes réformes à venir risque de ne faire que de douloureusement s’ajouter à la liste des mesures d’austérité stériles accumulées jusqu’ici.
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Robert Branche, votre combat semble louables, mais quelle marge de manoeuvre lui reste-t-il lorsque la politique monétaire ne fonctionne que contre l’inflation et contre l’emploi, que le service de la dette n’autorise que des horizons financiers à 5 ans et engouffre l’essentiel des revenus de la fiscalité destinés aux dépenses publiques, que les politiques nationaux n’ont aucun moyen de compenser les déséquilibres structuraux que produisent fatalement les réformes fondamentales avant que leurs effets positifs n’aient eu le temps de se produire... ?
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Les réformes se passeraient-elles d’une remise en question du cadre législatif Européen ? En principe, oui, elles le peuvent. Mais c’est oublier que les défauts de gestion publiques n’étaient considérés que comme des épiphénomènes avant la crise de 2008.

Ce qui a rendu censément plus crucial tout d’un coup de régler ces défauts est la crise financière et la crise économique qui a suivi - et dont l’origine est à retrouver dans les grandes déragulations qui ont éliminées les gardes-fous qui jusqu’alors limitaient la propagation des mauvaises gestion du secteur financier au secteur économique "réel". 

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Les grandes dérégulations qui ont rendu tellement perméables les économies nationales ce n’est rien d’autre que les fondamentaux européens de fonctionnement. Ce n’est rien d’autre que la libre-circulation intra et extra-européenne des capitaux, cette exclusivité que ne nous envie pas les pays hors-Europe-actuelle (en dehors, donc, et pas isolés pour autant). C’est ce qui a gonflé les marchés secondaires et a éloigné toujours plus les acteurs financiers de leur rôle de financiers de l’économie dite réelle.

La fonction publique dépense mal, c’est sûr, mais au moins elle dépense et rien qu’en cela contribue à l’économie, au contraire de la finance qui ne roule plus que pour elle, en roue libre, de façon totalement irresponsable.

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"si on ne remédie pas à ces handicaps, qu’alors, on risque d’aller vers une privatisation systématique, ce que je ne pense pas être la bonne solution".
Vous ne pensez pas que c’est la bonne solution, et personne de censé ne le pense.
Mais en pointant les problèmes de gestion et en excluant par ailleurs le cadre de possibilité de solutionnement, vous orientez fatalement vers ce que vous affirmez vouloir éviter.

Car l’on n’avance jamais très loin sous une double-contrainte.

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J’aurais aimé continuer à vouloir espérer l’Europe intégrée, mais quand je m’aperçois du dogmatisme dans lequel cela place certains acteurs pourtant potentiellement aussi utile que vous, par exemple, le désespoir me gagne.

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J’aurais aimé aussi simplement vous remercier pour le travail que vous accomplissez malgré tout, mais vous savez ce que l’on dit des demi-vérités...


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