Déjà, il faut noter que la 3ème République fut mise sur pied par une assemblée ...Monarchiste (Mac Mahon). La République est la chose publique, c’est-à-dire, une modalité de régime politique ouverte à discussion publique (= dans le peuple).
Il commence à me fatiguer ce gouvernement qui prétend dire ce qu’est la République et ce qu’elle n’est pas. S’il était légitime à cela, le régime politique serait une chose qui appartiendrait de droit au gouvernement : Mais alors le régime ne serait pas une Chose Publique, une RéPublique, mais une Chose du Gouvernement, une RéGouvernatique.
Cela montre bien le tendance tyrannique du régime : la constitution interdit tout parti politique qui n’est pas Républicain. Mais c’est le Gouvernement qui définit ce qui est "républicain", car, comme souvent, les mots ronflants utilisés dans la constitution ne sont définis nulle part dans la constitution : il faut aller chercher leur définition dans une culture politique passée, dont les gouvernements successifs se sont soigneusement attachés à ne plus faire enseigner, ce qui permet de tordre à volonté le sens des termes de la constitution . Ainsi, le gouvernement peut interdire (ou, plus discrètement, menacer d’interdire) par ce biais tout parti politique qui lui déplaît.
Si, à l’époque de l’affaire Stavisky, les gens râlaient que la République fût monopolisée par les coteries Franc-maçonnes, car éclaboussées par des scandales, ils n’en étaient pas pour autant anti-républicains, puisque les modalités d’organisation du Régime sont ouvertes à la discussion populaire, par définition même du régime républicain.
Les anti-républicains furent évidemment ceux qui ont fait tirer sur la foule.
Les coteries au pouvoir n’ont clairement pas besoin du peuple, si ce n’est pour se faire adouber. En cela, il n’y a pas de république. Rien n’est ouvert à la discussion dans le régime.